Auteur/autrice : Yves Robert
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patronne et domestique
théâtre
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Une patronne brise sa domestique et la renvoie, aussitôt remplacée.
à propos
d’une strate à l’autre
Le travail d’écriture décline « Patronne et domestique » comme un système contenant plusieurs couches de récits.
La première est l’histoire de base, qui peut être racontée en 51 caractères, est le fil narratif qui relie les événements les uns aux autres, leur donne une cohérence et tient le spectateur en attente d’un dénouement. Les situations sont simples et les enjeux se comprennent aisément. L’ironie et l’imprévisibilité des comportements entretiennent la « ludicité » et un renouvellement des émotions.
Une strate différente raconte l’évolution de la relation entre les deux femmes avec les enjeux de séduction et de domination. Dans cet espace, il n’est pas sûr que la personne dominée soit celle définie par le statut social, car tous jeux de manipulations contiennent leur part de perversité. Les tensions sont fluctuantes et l’avantage de la position n’est pas toujours un gage de réussite. Là se situe le traitement psychologique.
Ailleurs encore se dessine une couche historique et culturelle qui raconte la place et les droits de chacune, évoque les éléments qui déterminent la position obtenue au cœur de la société, soit sur les versants où souffle l’air tiède de l’aisance, soit sur les pentes arides de la misère.
Plus en arrière, comme une fresque marine à la Turner dont on comprend la profondeur seulement avec du recul, nous discernons la possibilité de s’interroger sur notre propre position dans le monde et sur les choix assumés ou non de nos pouvoirs, de nos conforts et de nos soumissions.
un extrait
la sélection des crevettes
Charlotte : C’est déjà ça. Des crevettes… Une baignoire pleine de crevettes, une baignoire qui déborde de crevettes… Avec leurs petites pattes… Se baigner avec les crevettes… Je suis fatiguée.
La domestique : Madame… Madame. Vous dormez ? Si je vous dis ce que je suis, vous penserez quoi ? Mes mots les uns derrière les autres. Sur un fil comme vous l’avez demandé. Je passe la porte de votre maison en entrant, en sortant. Je n’existe pas plus d’un côté comme de l’autre… Devenir votre amie ? Moins seule ? Vous voulez devenir mon amie ?
Regardez-vous dormir. Vous avez trop confiance. Votre monde ne change jamais. Vous dormez sur du granit. Vous êtes une gisante sur un tombeau. Je pourrais glisser une ampoule de cyanure dans votre caquet et rabattre la mâchoire. Clac. Comment je pourrais raconter la vie qui est la mienne ?
La crasse, les ruines, l’eau pourrie, l’odeur des pneus brûlés. Vous, vous avez des dessins sur les murs.
Pour vous amuser, vous parlez des morts. Pour vous amuser… Et vous changez d’idée.
La vie savoure la mort. Je viens d’un pays où les vivants regardent les morts dans le blanc des yeux parce que les morts sont partout et ça gêne personne. Nous disons : la vie savoure la mort. Dans votre monde, les morts se sont envolés, vous n’avez rien fait pour les retenir… Peut-être même que vous leurs avez donné des billets d’avions ?
Chez nous la cérémonie est embrouillée parce qu’elle est faite pour ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. C’est un tissu de rêves et réalités. Quand c’est fini, les familles se retirent et fabriquent un personnage de paille presque aussi grand que leur mort… Une poupée de paille. Ils la font boire toute la nuit, l’obligent à danser et abandonnent à ses pieds une bouteille d’alcool blanc.
Au matin, la poupée exténuée se repose sur le côté de la porte des maisons et les touristes, comme vous, Madame, pensent que nous décorons nos entrées avec un art naïf et tout à fait charmant. Elles restent avec nous tout le temps du deuil. Elles somnolent dans un endroit où ce n’est ni la vie ni la mort. Elles somnolent. C’est au milieu. Personne ne sait exactement quel est cet endroit… Des fois je me sens… Moi, ici… Somnolente.
Je vous raconte pour l’empathie. Je parle de la mort. Vous dormez.
J’ai fait le voyage pour venir ici. C’est une porte étroite, il y a une sélection. J’ai fait une école où on apprend à être servile. Ma famille a dépensé tout son argent parce que c’était une chance. Un espoir. Une lettre de crédit qu’ils attendent chaque mois dans le bureau de la Western Union. Il y a un ventilateur au plafond. Il fait toujours chaud. Ils attendent. Chaque mois que je peux, j’envoie un mandat avec l’argent que je peux. J’ai l’air de me plaindre. Je ne devrais pas. Vous avez aussi vos problèmes… On peux pas demander trop, ce serait pas juste.
Comme vous dormez… Vos seins se soulèvent… Vous êtes belle. Je suis petite. Je suis serrée de partout et c’est comme si tout voulait déborder de ce rétrécissement. Je fais de la sueur. Les habits frottent, grattent.
Je suis une crevette, vous l’avez dit.
Je suis une crevette. Ma peau est sale. Je voudrais vous prendre à la gorge et serrer. Vous penseriez que quelqu’un vous embrasse, (mais) quand le souffle manquerait… La vie savoure la mort… Folle.
Charlotte : Elle est émouvante… Les animaux quand ils sont petits… Les prendre dans les bras… Crevette, tu es si petite.
La domestique : Madame ? Vous avez écouté ? Madame… Madame.
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format et prix
collection
le monde tel qu’il se présente
Atelier Grand Cargo
format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
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livraison
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patronne et domestique
théâtre – 2014
De nos jours, une patronne brise sa domestique et la renvoie.

distribution
jeu
Sandrine Girard, Elphie et Emma
lumière
Dominique Dardant
scénographie
Pierre Gattoni
costumes
Janick Nardin
codirection
Christine Chalard
assistanat
Isabelle Meyer
photographies ©
Catherine Meyer
en savoir plus…
Les récits
d’une strate à l’autre
Le travail d’écriture décline « Patronne et domestique » comme un système contenant plusieurs couches de récits.
La première est l’histoire de base, qui peut être racontée en 51 caractères, est le fil narratif qui relie les événements les uns aux autres, leur donne une cohérence et tient le spectateur en attente d’un dénouement. Les situations sont simples et les enjeux se comprennent aisément. L’ironie et l’imprévisibilité des comportements entretiennent la « ludicité » et un renouvellement des émotions.
Une strate différente raconte l’évolution de la relation entre les deux femmes avec les enjeux de séduction et de domination. Dans cet espace, il n’est pas sûr que la personne dominée soit celle définie par le statut social, car tous jeux de manipulations contiennent leur part de perversité. Les tensions sont fluctuantes et l’avantage de la position n’est pas toujours un gage de réussite. Là se situe le traitement psychologique.
Ailleurs encore se dessine une couche historique et culturelle qui raconte la place et les droits de chacune, évoque les éléments qui déterminent la position obtenue au cœur de la société, soit sur les versants où souffle l’air tiède de l’aisance, soit sur les pentes arides de la misère.
Plus en arrière, comme une fresque marine à la Turner dont on comprend la profondeur seulement avec du recul, nous discernons la possibilité de s’interroger sur notre propre position dans le monde et sur les choix assumés ou non de nos pouvoirs, de nos conforts et de nos soumissions.
le pouvoir
l’usage tragique
L’usage du pouvoir comporte indéniablement une dimension tragique.
L’habitude veut que l’on estime cette tragédie établie sur un axe vertical avec un dominant faisant peser le poids de ses décisions sur une base soumise, voire servile.Mais en 1549, Étienne de la Boétie avec Le discours de la servitude volontaire ou le contr’un questionne et soulève une approche transversale qui place les maîtres et le peuple dans un espace de confrontation ou de compromission horizontale. Le peuple qui ignore ou fait mine d’ignorer sa force en vivant durablement sous le joug d’un tyran ne devient-il pas un « complice » consentant ?
La clef des responsabilités dans le déroulement de la tragédie du pouvoir se trouve ainsi partagée entre les protagonistes. La vision manichéenne qui permettait de séparer le monde dans les catégories simples du dominant et du dominé, du blanc et du noir, du bon et du méchant, du maître et de l’esclave se teinte de gris et de brouillard. Dès que les vérités prennent des contours flous et qu’il n’y a pas d’explication facile, alors commence le temps du malaise.
Cela pourrait être le sous-titre de notre spectacle : le temps du malaise.
la blanche et la noire
Félix Vallotton
La peinture de Félix Vallotton réalisée en 1913 et intitulée « La blanche et la noire » contient en elle les germes d’un malaise.
D’abord par la nudité et le sexe clairement exposés d’une femme blanche étendue et portant de la rougeur (honte ?) sur le visage. Tout cela mis en perspective par le regard (dédaigneux ?) d’une femme africaine assise au premier plan cigarette au bec.C’est à partir de ce malaise ressenti à propos de la peinture de Vallotton ainsi que le questionnement sur les rapports de pouvoir et de soumission que nous établirons la construction de notre spectacle.

représentations
La Chaux-de-Fonds – Sion
La Chaux-de-Fonds – Temple-allemand
première le 10 septembre 2014 20h30
représentation le 11 septembre 2014 19h00
représentation le 12 septembre 2014 20h30
représentation le 13 septembre 2014 20h30
représentation le 14 septembre 2014 19h00Sion – Petithéâtre
Le Petithéâtre représentation le 2 octobre 2014 19h00
représentation le 3 octobre 2014 20h30
représentation le 4 octobre 2014 19h00publication
soutiens et partenaires







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patronne et domestique
Une patronne brise sa domestique et la renvoie, aussitôt remplacée.
liste des pièces à lire
- les pièces à lire
- Danaé sur le rivage – un extrait
- où vont les paroles quand le vent les emporte ?
- hibakushas oppenheimer
- l’essoufflement de l’ange
- tenir la main tiède de la femme endormie
- le journal du silence
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♀︎
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♂︎
- Niobé, un matin
- le lieutenant de guerre
- l’île mystérieuse
- l’étoile du Nord
- dernière nouvelle de juillet
- patronne et domestique
- les Indes noires dans les mines d’asphalte
- le livre des tempêtes
- madame Bouh !
- La femme qui tenait un homme en laisse
- Thisbé et Pyrame
- la mort de Vladimir
traductions
information importante
les textes sont libres d’accès pour la lecture individuelle et privée – une demande d’autorisation est indispensable pour toute autre utilisation
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Patronne et domestique
© Yves Robert – consultation uniquement
droits déposés à la Société Suisse des Auteurs
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la ligne obscure
roman
Voici le roman d’un homme qui meurt et s’en va seul, loin des siens. Son esprit libère des illuminations perdues où s’entremêlent les souvenirs de sa propre vie avec des bribes de la mythologie et de la barbarie humaine. Une animalité primaire s’ébauche en lui, affranchie de toute civilisation et de toute morale. Il se dépouille de sa condition d’homme et devient un fauve, un léopard… un tueur.
roman
11,5 x 16,5 cm
164 pages
éditions d’autre part
2014
en savoir plus…
presse
Auteur d’une œuvre théâtrale foisonnante abordant notamment certaines zones d’ombre de l’histoire, à destination tour à tour de l’enfant et de l’adulte, Yves Robert signe son premier roman à la cinquantaine. La ligne obscure offre une étonnante plongée dans la question du personnage, parallèlement à une méditation sur l’art de la fiction. Charles B, venu de la finance, est atteint d’une maladie létale dégénérative ; il perd le sommeil et entame une errance existentielle qui fera resurgir sa part animale, comme un double en forme de léopard silencieux, méditatif et tueur.
Bertrand Tappolet (Le Courrier du 26 juillet 2014)
Le Neuchâtelois Yves Robert signe là un récit porté par un puissant souffle poétique. Mythes anciens et réminiscences personnelles s’y mêlent au long d’une ligne en clair-obscur.
Jean-Marie Félix (Entre les lignes, RTS, 27 mai 2014)
De fait, le récit arpente un espace géographique jamais nommé, mais aisément reconnaissable. Il perfore, en outre, les profondeurs de l’Histoire, pour relier l’esclavagisme d’hier, tel que le pratiqua le baron de Pury, aux réfugiés d’aujourd’hui.
Dominique Bosshard (L’Express-L’Impartial, 16 mai 2014)
biographie
- Yves Robert
habite La Chaux-de-Fonds en Suisse. Il est l’auteur de vingt-cinq pièces de théâtre, ainsi que deux adaptations de romans destinées à la scène.
radio
Entre les lignes, RTS, 27 mai 2014 – interview d’Yves Robert
par Jean-Marie Félix et lecture par Claude Thébert
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Delphine et le rhinocéros
les aventure de Delphine discutant avec un rhinocéros sous la véranda du jardin de son grand-père… justement après l’enterrement de celui-ci
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
distribution
Texte Yves Robert
Jeu Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint Margaritreprésentations
Théâtre ABC – La Chaux-de-Fonds, L’Esquisse – Delphine et le rhinocéros présentation tous publics 24 juin 2012 à 11h (répétition ouverte au public le samedi 23 juin de 14h30 à 17h.
L’Impartial – L’Esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT

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Delphine et le rhinocéros
L’Impartial
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
Dominique Bosshard
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Les Indes noires dans les mines d’asphalte
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les Indes noires dans les mines d’asphalte
théâtre de la Poudrière – les mines d’asphaltes La Presta – de mai à juillet 2012
Un spectacle à stations où les spectateurs déambulent dans les galeries comme dans un palais des miroirs souterrain. Une succession de scènes comme autant d’apparitions, de rêves illuminés. Du très petit au très grand, du très proche au très loin, toujours utiliser la géographie des lieux et toute la magie propre à la marionnette.

distribution
Co-production Théâtre de la Poudrière & Association culturelle des Mines d’asphalte de la Presta
D’après Jules Verne, adaptation
Yves Robert
Mise en scène
Yves Baudin
Jeu
Olivier Carrel, Corinne Grandjean, Daniel Hernandez, Yannick Merlin, Olivier Nicola, Claire Perret-Gentil
Scénographie
Pierre Gattoni
musique
L’Ensemble Rayé
Création lumière
Gilles Perrenoud
Sculpture marionnettes
Pierre Gattoni, Sophie Läser
Moulage marionnettes
Chantal Facon, Sophie Läser
Costumes marionnette
Chantal Facon
Costumes comédiens
Janick Nardin
Construction décors
Olivier Gaille, Pierre Gattoni
Effets spéciaux, mécaniques
Olivier Gaille
Régie son et lumière
Julien Baillod, Delphine Clémence
Régie jeu
Françoise Bachmann
Administration
Noëlle Bron, Corinne Grandjean
Photographie
Patrick Jeckelmann
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à propos
Nuit absolue, silence, et la musique… des sons, comme venus d’ailleurs, parcourent les galeries. Partout la découverte, la surprise et l’étonnement.
Un spectacle pour une féerie inoubliable au centre de la Terre!Entre ici et ailleurs, entre les Mines de la Presta au Val-de-Travers et celles d’Aberfoyle en Écosse, de l’asphalte à la houille, les bassins miniers se sont peu à peu fermés en Europe. Des échos se font entendre, des histoires différentes, mais partagées se tissent et se répondent. Un monde a vécu… et disparu.
Avec ce roman, nous entrons dans les mines épuisées d’Aberfoyle car une famille refuse leur fermeture et décide de s’y établir jusqu’à la découverte d’un nouveau filon.
Une énigme, des lettres étranges, de nombreux personnages étonnants ou inquiétants, un harfang, le pénitent et cette jeune fille aveugle trouvée dans la nuit des pierres… Au travers des anciennes galeries, des phénomènes étranges se produisent, des tentatives de meurtre se succèdent. Le réalisme et le fantastique s’entremêlent et se confrontent. Enfin un nouveau filon est découvert, des richesses infinies sont exploitées et une ville immense, magnifique, illuminée à l’électricité est construite dans la paix absolue… au cœur de la terre. Puis ce sera l’explosion, suivie de la ruée des eaux. L’inondation. Des échos toujours et la nuit qui devient lumière!
représentations
Mines d’asphalte de la Presta, Travers, du 24 mai au 14 juillet 2012
publication
presse
Minimag – Canal Alpha – reportage sur la création des Indes noires dans les mines d’asphalte
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les Indes noires dans les mines d’asphalte
du 24 mai au 14 juillet 2012 – Les mines d’asphalte & le théâtre de La Poudrière – La Presta
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les Indes noires dans les mines d’asphalte
adaptation du roman de Jules Verne pour les mines d’asphalte de La Presta au Val-de-Travers et spectacle créé par le Théâtre de La Poudrière
liste des pièces à lire
- les pièces à lire
- Danaé sur le rivage – un extrait
- où vont les paroles quand le vent les emporte ?
- hibakushas oppenheimer
- l’essoufflement de l’ange
- tenir la main tiède de la femme endormie
- le journal du silence
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♀︎
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♂︎
- Niobé, un matin
- le lieutenant de guerre
- l’île mystérieuse
- l’étoile du Nord
- dernière nouvelle de juillet
- patronne et domestique
- les Indes noires dans les mines d’asphalte
- le livre des tempêtes
- madame Bouh !
- La femme qui tenait un homme en laisse
- Thisbé et Pyrame
- la mort de Vladimir
traductions
liste des textes
information importante
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les Indes noires
théâtre marionnette
–
d’après Les Indes noires de Jules Verne
description
lire
Un spectacle à stations où les spectateurs déambulent dans les galeries comme dans un palais des miroirs souterrain. Une succession de scènes comme autant d’apparitions, de rêves illuminés. Du très petit au très grand, du très proche au très loin, toujours utiliser la géographie des lieux et toute la magie propre à la marionnette.
un extrait
lire
prologue – licenciements
James Starr : Je n’y peux rien, aujourd’hui, je sais qu’un ingénieur est impuissant face à l’épuisement des veines. Dans cette mauvaise fortune, vous n’êtes pas seuls. Partout dans le monde, des mines de San José aux mines de Marcinelle, des usines d’asphaltes aux aciéries de Pittsburgh, des tissages de Lorraine aux champs de canne à sucre où se courbe l’homme d’Afrique, des ouvriers affrontent l’adversité avec le seul courage de leurs mains. Combien de mines, de manufactures n’ont-elles pas déjà renvoyé des hommes vaillants avec les poches et le ventre vide ? Rendus fragiles à leurs femmes et leurs enfants… Ici certains d’entre vous seront jetés sur la route. Ils connaitront cette misère et leur nuit sera plus profonde que la mine. Je n’ai pas su trouver plus de charbon, ni ma tête ni mes bras n’ont pu prolonger la vie de la mine. Notre grande famille va se disperser. Mais n’oubliez pas ce que nous avons vécu ensemble. Dehors, parfois, vous étiez des ennemis, mais sitôt dans le puits, vous étiez des frères. Pas même, les désastres et la peur ne pouvaient vous désunir. Aujourd’hui, la catastrophe est là, imprévue. Elle nous entoure et nous menace, alors gardez votre âme de mineur. Quand on a travaillé dans le souffle de l’autre, dans la sueur de l’autre, dans le soutien de l’autre, dans le courage de l’autre, on ne saurait être des étrangers. Sous le vent et la pluie, restez des hommes debout. C’est votre seule chance et c’est votre honneur. Adieu donc.
Simon Ford : Adieu, James Starr, notre chef, notre ingénieur et notre ami.
James Starr : À qui ? Cette voix ?
Simon Ford : Je suis Simon Ford, le contremaitre.
James Starr : Adieu, mon ami… Où irez-vous ?
Simon Ford : Ah, monsieur l’ingénieur, moi, je reste… Un abri, au fond de la fosse, une petite maison avec mon fils Harry et ma femme Madge, une maison dans la mine, bien à l’abri de la pluie et de la neige.
James Starr : Très bien Simon… Je crois qu’aujourd’hui est le jour, celui où je ferai connaissance avec l’alcool… comme une cascade… À votre santé… À votre refuge dans la mine d’Aberfoyle.
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format et prix
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le monde tel qu’il se présente
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format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
(hors frais de poste)
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Delphine et le rhinocéros
les aventure de Delphine discutant avec un rhinocéros sous la véranda du jardin de son grand-père… justement après l’enterrement de celui-ci
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
Distribution
Texte Yves Robert
Jeu Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint MargaritLe Pantin – La Chaux-de-Fonds, L’Esquisse – Delphine et le rhinocéros présentation tous publics 22 mai 2012
L’Impartial – L’Esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT
-
Delphine et le rhinocéros
les aventure de Delphine discutant avec un rhinocéros sous la véranda du jardin de son grand-père… justement après l’enterrement de celui-ci
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
Distribution
Texte Yves Robert
Jeu Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint MargaritForum de L’Esplanade – La Chaux-de-Fonds, L’Esquisse – Delphine et le rhinocéros présentation tous publics 28 avril 2012.
L’Impartial – L’Esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT
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Delphine et le rhinocéros
les aventure de Delphine discutant avec un rhinocéros sous la véranda du jardin de son grand-père… justement après l’enterrement de celui-ci
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
Distribution
Texte Yves Robert
Jeu Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint MargaritEvaprod – La Chaux-de-Fonds, L’Esquisse – Delphine et le rhinocéros présentation tous publics 17 mars 2012
L’Impartial – L’Esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT
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Delphine et le rhinocéros
les aventure de Delphine discutant avec un rhinocéros sous la véranda du jardin de son grand-père… justement après l’enterrement de celui-ci
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
Distribution
Texte Yves Robert
Jeu Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint MargaritInter.du.mitan – La Chaux-de-Fonds, L’Esquisse – Delphine et le rhinocéros présentation tous publics 18 février 2012
L’Impartial – L’Esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT
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à la dérobée
L’Impartial – A la dérobée
Après les enfants, c’est au tour des grands d’avoir classe avec la Cie Fantôme.
A l’ABC, l’école fait son théâtre
Quand la compagnie Fantôme fait la classe, ça déménage! Le public a école dès demain soir au théâtre ABC, à La Chaux-de-Fonds, avec une instit lunaire, passablement allumée: la comédienne Christine Chalard. Sa leçon, d’une durée de 45 minutes, elle l’a rodée «pour de vrai» dans les classes primaires du Locle lors de représentations scolaires. C’est toutefois aussi à un public d’adultes que s’adresse ce spectacle aux multiples lectures, articulé autour des premiers émois amoureux, de la transgression et de la liberté… Des thèmes complexes pour un jeune public? Yves Robert, auteur et metteur en scène, en rigole: «Les enfants aussi peuvent éprouver des sentiments amoureux, de la jalousie. Eux aussi se demandent quels sont les mots et les gestes justes à adopter. Je fais confiance aux spectateurs, surtout aux plus jeunes d’entre eux.»
Poupées russes
L’homme de théâtre chaux-de-fonnier est un conteur: «J’aime entraîner le public dans des histoires qui s’emboîtent comme des poupées russes. Le but du spectacle n’est pas d’expliquer, mais de raconter…»
Tout commence «A la dérobée», titre de la pièce, avec l’arrivée impromptue d’une enseignante pas très académique. Chargée de remplacer la remplaçante d’un improbable professeur Schnitzel, la loufoque pédagogue s’échappe des règles imposées. Et parle aux élèves de la cité de Pompéi, du «Baiser à la dérobée» du peintre Fragonard, de son premier amour à elle. Tout est prétexte à colorier, à chamarrer le tableau noir.
Yves Robert aurait-il quelques comptes à régler avec l’institution scolaire? Même pas! «J’ai eu une scolarité semi-heureuse. Et si tous mes spectacles devaient être autobiographiques, je n’aurais pas survécu. D’ailleurs, mon héroïne ne fait pas de la pédagogie, elle joue du théâtre avec le plus de plaisir possible. Elle propose simplement à son auditoire un voyage, le temps d’une leçon; puis s’en va, laissant flotter derrière elle un parfum de rose, un souvenir.»
Lors des représentations scolaires, les directeurs de collèges jouent complètement le jeu en avisant les élèves par une circulaire de la venue d’une remplaçante. A l’ABC, les grands aussi auront droit à leur leçon pour de vrai. Mais Yves Robert n’en dira pas plus, suspense oblige. Le spectacle devrait partir ensuite en tournée dans d’autres écoles du canton. Néanmoins, que les parents et pédagogues se rassurent: par quelques astuces scéniques et une rencontre avec les élèves à la fin de la re- présentation, la frontière entre fiction et réalité est clairement balisée: «Il est nécessaire de démystifier les transgressions, de montrer la différence entre la vraie vie et le théâtre.»
Message bien reçu: «Dans les classes du Locle, tout le monde se marrait, les profs comme les élèves! A la fin, une fillette a eu cette réaction: «On n’a rien appris pendant cette leçon, faudra le dire à la direction!»
CATHERINE FAVRE
Écoles primaires Les Brenets, A la dérobée… spectacle en classe 2 & 3 février 2012
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Delphine et le rhinocéros
théâtre – 2012
Les aventures de Delphine discutant avec un rhinocéros, enrhumé et sympathique, sous la véranda du jardin de son grand-père… Justement, après l’enterrement de ce grand-père.

distribution
texte
Yves Robert
jeu
Christine Chalard, Samuel Grilli, Laurence Sambin et Jacint Margarit
en savoir plus…
représentations
Théâtre ABC – 1e étape de travail avec public
L’Inter-du-Mittan – 2e étape de travail avec public
Evprod – 3e étape de travail avec public
Forum des Cornes-Morel – 4e étape de travail avec public
Théâtre ABC – La Chaux-de-Fonds 5e étape de travail et conclusion avec public – le 21 janvier 2012
presse
L’Impartial – L’Esquisse à l’ABC
Yves Robert et la Cie Fantôme se sont lancés dans l’élaboration progressive d’un texte. Dernière étape à l’ABC.
Voyages dans le temps avec un rhinocéros polyglotte
En janvier dernier, Yves Robert et les comédiens de la Cie Fantôme ont investi «Le Labo», la salle de répétition du Centre de culture ABC à La Chaux-de-Fonds. Avec, sous le bras, les trois premières scènes d’une pièce, «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», élaborée ensuite au fur et à mesure des répétitions, échelonnées sur six mois. De retour à l’ABC, l’équipe boucle ce week-end la dernière étape de cette écriture théâtrale «in progress», qui a bouté l’auteur hors de son champ théorique pour le propulser dans le champ pratique! Demain, une ultime lecture se déroulera «dans la plus grande simplicité», juste soutenue par quelques ambiances sonores. Laissant, donc, libre cours à l’imagination du spectateur, aiguillonnée par un rhinocéros polyglotte!
«J’ai expérimenté un outil de fabrication théâtrale extraordinaire», s’enthousiasme Yves Robert. «Quand j’ai entamé le travail, je connaissais déjà la fin de la pièce, et les thèmes que je voulais traiter. Mais je ne savais pas par quel chemin on y arriverait.»
Projetés tantôt dans la véranda d’un jardin tantôt dans la savane africaine, auteur et comédiens – Christine Chalard, Samuel Grilli, Jacint Margarit et Laurence Sambin – ont progressé ensemble dans cette histoire qui brasse les souvenirs et avive la douleur, où le passé et le présent se court-circuitent pour créer un paradoxe temporel. Ils ont partagé cette expérimentation avec le public, convié à suivre certaines répétitions puis aux lectures du travail en cours – celles-ci ont attiré entre cinq et 30 curieux, selon les lieux où l’équipe a creusé son sillon. «Nous avons aussi sollicité deux intervenants, Nathalie Sandoz, actrice et metteure en scène, et Julien Annoni, percussionniste.» Autant de regards extérieurs qui se sont avérés stimulants, apprécie l’auteur.
Il ne mettra pas, cette fois-ci, lui-même en scène cette histoire, celle d’une jeune femme amenée à faire le deuil de son grand-père, traitée avec plus de drôlerie que de pathos. Frustrant de s’arrêter ainsi au seuil de la représentation? «Absolument pas, car nous avons créé ‘L’esquisse’ pour qu’un tiers s’en empare: je conçois cette appropriation comme un enrichissement, non un viol!»
DOMINIQUE BOSSHARD
L’Impartial – L’esquisse
C’est une première pour les spectateurs comme pour les comédiens. Les uns et les autres se sont réunis, samedi dernier, dans le «Labo», une salle de répétition du Centre de culture ABC, à La Chaux-de-Fonds, pour expérimenter une nouvelle forme de rencontre artistique. Avec «L’esquisse, ou Delphine et le rhinocéros», la compagnie Fantôme a eu l’étonnante idée d’ouvrir l’intimité de son travail préparatoire au public, en exhibant six répétitions qui s’échelonneront sur six mois.
Coup de foudre africain
«Nous sommes des homards qui entrons dans l’eau chaude», s’amuse et s’inquiète l’auteur et metteur en scène Yves Robert, juste avant le début. Parmi les accessoires, les papiers et les câbles des appareils, une dizaine de spectateurs cherchent leur place autour du ruban adhésif qui délimite la scène. Ce sont des proches, des gens de théâtre et quelques curieux.
Texte en main, on se donne les premières répliques: une jeune femme (Christine Chalard) parle de son défunt grand-père à un rhinocéros (Jacint Margarit). Puis le grand-père (Samuel Grilli) apparaît pour rejouer devant sa petite-fille son coup de foudre africain à l’égard d’Adélaïde M’Baïe (Laurence Sambin). Colonialisme, deuil et joie de vivre se superposent comiquement.
Mais Yves Robert interrompt ses acteurs. Il leur demande de reprendre une scène, de lui donner plus de rythme, d’essayer d’autres mots, de les charger d’enthousiasme… De l’enthousiasme, pourtant, on n’en manque pas. Les comédiens doivent souvent s’arrêter, tant les font rire les intonations et les mimiques qu’ils essaient sur le plateau. Le public a l’agréable impression de découvrir en direct le making-off de la pièce, sinon son bêtisier!
Ainsi, deux spectacles s’entremêlent: la pièce et le travail de la compagnie. Yves Robert l’a compris: les esquisses sont toujours plus vivantes que les œuvres abouties. «Au terme du processus, notre travail restera une simple mise en lecture, un peu améliorée par la mise en scène, de manière à ce que d’autres compagnies puissent, à leur tour, se l’approprier.»
TIMOTHÉE LÉCHOT
remerciements
avec le soutien de La ville de La Chaux-de-Fonds, la Loterie Romande, La Fondation Culturelle de la Banque Cantonale Neuchâteloise, le théâtre ABC & la Fondation Neuchâteloise Assurances du 125ème
soutiens et partenaires







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patronne et domestique – performance
performance – 2011
«On accorda au mort un dernier désir. Celui de voir les deux faces du monde. Il poussa la porte et entra. On l’attendait, l’une dans le salon, l’autre dans la cuisine.»

distribution
texteYves Robert
jeu
Christine Chalard et Magali Fouchault
œil extérieur
Julien Moeschler
performance à la Galerie Ex-Machina Genève le 22 octobre 2011
en savoir plus…
à propos
Nous sommes des « hommes morts ».
Notre perception de la réalité est transformée par le prisme du média, est « distordue » par la distance, parfois éteinte par l’écœurement.
Nous ne sommes plus capables de comprendre et d’intégrer le jeu du monde, alors nous entrons dans une résignation contemplative.
Notre mémoire saturée de mille choses utiles et inutiles vacille et notre esprit critique n’est plus fonctionnel.
Nous ne percevons plus la violence liée à l’habitude du pouvoir, la violence entre les classes.
Et si nous étions vraiment morts ?
On accorda au mort un dernier désir. Celui de voir les deux faces du monde. Il poussa la porte et entra. Deux femmes attendaient, l’une dans le salon, l’autre dans la cuisine.

soutien et partenaire







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à la dérobée
L’Impartial
Après les enfants, c’est au tour des grands d’avoir classe avec la Cie Fantôme.
A l’ABC, l’école fait son théâtre
Quand la compagnie Fantôme fait la classe, ça déménage! Le public a école dès demain soir au théâtre ABC, à La Chaux-de-Fonds, avec une instit lunaire, passablement allumée: la comédienne Christine Chalard. Sa leçon, d’une durée de 45 minutes, elle l’a rodée «pour de vrai» dans les classes primaires du Locle lors de représentations scolaires. C’est toutefois aussi à un public d’adultes que s’adresse ce spectacle aux multiples lectures, articulé autour des premiers émois amoureux, de la transgression et de la liberté… Des thèmes complexes pour un jeune public? Yves Robert, auteur et metteur en scène, en rigole: «Les enfants aussi peuvent éprouver des sentiments amoureux, de la jalousie. Eux aussi se demandent quels sont les mots et les gestes justes à adopter. Je fais confiance aux spectateurs, surtout aux plus jeunes d’entre eux.»
Poupées russes
L’homme de théâtre chaux-de-fonnier est un conteur: «J’aime entraîner le public dans des histoires qui s’emboîtent comme des poupées russes. Le but du spectacle n’est pas d’expliquer, mais de raconter…»
Tout commence «A la dérobée», titre de la pièce, avec l’arrivée impromptue d’une enseignante pas très académique. Chargée de remplacer la remplaçante d’un improbable professeur Schnitzel, la loufoque pédagogue s’échappe des règles imposées. Et parle aux élèves de la cité de Pompéi, du «Baiser à la dérobée» du peintre Fragonard, de son premier amour à elle. Tout est prétexte à colorier, à chamarrer le tableau noir.
Yves Robert aurait-il quelques comptes à régler avec l’institution scolaire? Même pas! «J’ai eu une scolarité semi-heureuse. Et si tous mes spectacles devaient être autobiographiques, je n’aurais pas survécu. D’ailleurs, mon héroïne ne fait pas de la pédagogie, elle joue du théâtre avec le plus de plaisir possible. Elle propose simplement à son auditoire un voyage, le temps d’une leçon; puis s’en va, laissant flotter derrière elle un parfum de rose, un souvenir.»
Lors des représentations scolaires, les directeurs de collèges jouent complètement le jeu en avisant les élèves par une circulaire de la venue d’une remplaçante. A l’ABC, les grands aussi auront droit à leur leçon pour de vrai. Mais Yves Robert n’en dira pas plus, suspense oblige. Le spectacle devrait partir ensuite en tournée dans d’autres écoles du canton. Néanmoins, que les parents et pédagogues se rassurent: par quelques astuces scéniques et une rencontre avec les élèves à la fin de la re- présentation, la frontière entre fiction et réalité est clairement balisée: «Il est nécessaire de démystifier les transgressions, de montrer la différence entre la vraie vie et le théâtre.»
Message bien reçu: «Dans les classes du Locle, tout le monde se marrait, les profs comme les élèves! A la fin, une fillette a eu cette réaction: «On n’a rien appris pendant cette leçon, faudra le dire à la direction!»
CATHERINE FAVRE
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à la dérobée
théâtre – 2011
Tout commence avec l’arrivée impromptue d’une enseignante pas très académique. Chargée de remplacer la remplaçante d’un improbable professeur Schnitzel, la loufoque pédagogue s’échappe des règles imposées.

distribution
texte
Yves Robert
jeu
Christine Chalard
intervenant artistique
Jean-Guy Paratte
en savoir plus…
presse
L’Impartial – A la dérobée
Après les enfants, c’est au tour des grands d’avoir classe avec la Cie Fantôme.
À l’ABC, l’école fait son théâtre
Quand la compagnie Fantôme fait la classe, ça déménage! Le public a école dès demain soir au théâtre ABC, à La Chaux-de-Fonds, avec une instit lunaire, passablement allumée: la comédienne Christine Chalard. Sa leçon, d’une durée de 45 minutes, elle l’a rodée «pour de vrai» dans les classes primaires du Locle lors de représentations scolaires. C’est toutefois aussi à un public d’adultes que s’adresse ce spectacle aux multiples lectures, articulé autour des premiers émois amoureux, de la transgression et de la liberté… Des thèmes complexes pour un jeune public? Yves Robert, auteur et metteur en scène, en rigole: «Les enfants aussi peuvent éprouver des sentiments amoureux, de la jalousie. Eux aussi se demandent quels sont les mots et les gestes justes à adopter. Je fais confiance aux spectateurs, surtout aux plus jeunes d’entre eux.»
Poupées russes
L’homme de théâtre chaux-de-fonnier est un conteur: «J’aime entraîner le public dans des histoires qui s’emboîtent comme des poupées russes. Le but du spectacle n’est pas d’expliquer, mais de raconter…»
Tout commence «A la dérobée», titre de la pièce, avec l’arrivée impromptue d’une enseignante pas très académique. Chargée de remplacer la remplaçante d’un improbable professeur Schnitzel, la loufoque pédagogue s’échappe des règles imposées. Et parle aux élèves de la cité de Pompéi, du «Baiser à la dérobée» du peintre Fragonard, de son premier amour à elle. Tout est prétexte à colorier, à chamarrer le tableau noir.
Yves Robert aurait-il quelques comptes à régler avec l’institution scolaire? Même pas! «J’ai eu une scolarité semi-heureuse. Et si tous mes spectacles devaient être autobiographiques, je n’aurais pas survécu. D’ailleurs, mon héroïne ne fait pas de la pédagogie, elle joue du théâtre avec le plus de plaisir possible. Elle propose simplement à son auditoire un voyage, le temps d’une leçon; puis s’en va, laissant flotter derrière elle un parfum de rose, un souvenir.»
Lors des représentations scolaires, les directeurs de collèges jouent complètement le jeu en avisant les élèves par une circulaire de la venue d’une remplaçante. A l’ABC, les grands aussi auront droit à leur leçon pour de vrai. Mais Yves Robert n’en dira pas plus, suspense oblige. Le spectacle devrait partir ensuite en tournée dans d’autres écoles du canton. Néanmoins, que les parents et pédagogues se rassurent: par quelques astuces scéniques et une rencontre avec les élèves à la fin de la re- présentation, la frontière entre fiction et réalité est clairement balisée: «Il est nécessaire de démystifier les transgressions, de montrer la différence entre la vraie vie et le théâtre.»
Message bien reçu: «Dans les classes du Locle, tout le monde se marrait, les profs comme les élèves! À la fin, une fillette a eu cette réaction: «On n’a rien appris pendant cette leçon, faudra le dire à la direction!»
CATHERINE FAVRE
remerciements
avec le soutien de La ville de La Chaux-de-Fonds, le canton de Neuchâtel, la Loterie Romande, La Fondation Culturelle de la Banque Cantonale Neuchâteloise, les écoles primaires du Locle & Les Donateurs Fantômes.
remerciements à Yvan Cuche, Gabriela Leonti & quelques amis discrets.
soutiens et partenaires










