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Moi, j’ai pas choisi.
On ne choisit pas ses désastres.
Danaé, après un temps.
Je suis Danaé, fille de roi. J’avais recueilli la pluie de l’or entre mes cuisses, pluie battante. J’ai vu tourner le ciel, les étoiles comme un vol de lucioles… Je ne savais rien des étoiles et des lucioles.
J’avais trop soif, trop envie de boire, goûter ce qui n’était pas encore bu. Goûter l’amertume, être bercée par l’absinthe, tomber dans ce vertige où se noie la joie.
Un malheur commence toujours par un malheur, (mais) un malheur qui se déguise, qui fait carnaval, fait de l’ivresse dans les herbes et la rosée. Un malheur qui, d’un beau sourire, prétend qu’il n’est pas un malheur.
Danaé s’adresse à la foule des ombres.
Ohé les passants… Une pièce pour la femme sur le rivage.
La femme sur le pavé… La dépravée.
Danaé rit brièvement.
Une pluie d’or, ça fait mine d’être le bonheur. Ça tombe entre les cuisses, ça tombe d’un sourire qui fait joli, le gentil, l’entreprenant.
La pluie de l’or, ça fait un petit bruit, à cause de la sueur, des cuisses qui rebondissent l’une contre l’autre, de la respiration qui meurt.
Peu à peu, le souffle s’accélère, fait semblant de plus être là, se retient comme une souffrance, comme une noyade.
La brise de terre, avant l’aube, se retient avant d’être une brise de mer. Avant de sentir le sel, l’odeur lointaine des pays qui n’existent pas.
Les pluies de l’été, c’est chaud et agréable, ça fait ce petit bruit.
Je ne savais pas ce que c’était.
Je voulais savoir, vraiment savoir. Si ça fait mal, si c’est du plaisir, si c’est des griffures avec du sang. Si c’est des larmes, un vertige d’ouragan avant les regrets, avant qu’il fasse froid.
C’est arrivé, la surprise d’un orage d’été.
Soudain, toute mouillée… Jusqu’à l’intérieur.
Puis, un froid s’installe, ruine la douceur, laisse un malaise au bord des lèvres.
La joie de l’or ne dure qu’un instant.
Danaé éclate de rire.
Tu ne vois pas venir les temps glacés.
L’or, ça faisait des reflets avec le soleil de juin, des étincelles, même avec les yeux fermés… Des étincelles… Des lucioles et des papillons.
Tu ne vois pas venir l’obscurité où se loge l’hiver.
Ohé, les passants… Une pièce pour la femme sur le rivage.

Petit traité de la marche au désert, ou propos sur la bipédie qui permit aux hominidés de sortir d’Afrique, Où vont les paroles quand le vent les emporte ? est un texte de fiction assemblant des faits réels et des situations vécues par l’auteur au Sahel.
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hibakushas oppenheimer
de Bernadette Richard
captation publique du 1er avril 2023 – lecture par Caroline Althaus, Manu Moser et Yves Robert

Angèle, un ange nage dans les eaux du détroit de La Sonde et croise le regard bleu du Grand Mérou opaline, et le poisson lui mange la mémoire. Petit à petit, les mots et les souvenirs s’échappent. Comment annoncer ce désastre à Ange, son compagnon ?
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l’essoufflement de l’ange
d’Yves Robert
captation publique – lecture par Laurence Iseli et Blaise Froidevaux
Un homme parle à un ami, Giorgio… Un ami invisible. L’homme raconte qu’il rêve à une femme endormie, une femme qui rêve… Qui rêve à un homme qui parle à un ami invisible et rêve à une femme qui rêve…
Conçu pour un orchestre de cinq instruments, une chanteuse et un narrateur, ce texte est une commande qui fut refusée après écriture.
Le titre posa problème, le commanditaire y percevant des intentions sexistes.
L’ensemble du texte fut évalué à cette aune et considéré comme ambigu.
De surcroit, la chanteuse indiqua ne pas y trouver une profondeur suffisante permettant de nourrir son interprétation.
Je crois que ce récit sommeillera dans les espaces numériques comme une méduse entre deux eaux… Qui sait, un jour, peut-être qu’il piquera un imprudent ?
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C’est l’aube. Une femme sur une montagne est habillée avec des habits d’alpinismes. À côté d’elle, un grand sac déchiré et des affaires répandues sur le sol. Il y a un bruit de vent, un chocard apparaît en silhouette. Quelques bourrasques de neige. Il fait froid.
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Une femme amoureuse promet d’attendre mille nuits la réponse de l’homme qu’elle convoite. Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré. Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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Un homme amoureux promet d’attendre mille nuits la réponse de la femme qu’il convoite. Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré. Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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C’est le récit de la vie d’une femme amoureuse, perdue et éperdue. Elle aime un homme tel qu’il est et le prend dans son intégrité de la beauté à l’obscurité. C’est aussi le trouble de l’orgueil, poison subtil qui fait perdre la raison et provoque la chute, stimule le comportement vers une folie stupéfiante. Convaincue par l’illusion d’être supérieure ou égale aux divinités, Niobé laisse ses quatorze enfants se faire massacrer. La conscience tardive de son malheur la pétrifie, elle devient rocher avec deux ruisseaux de larmes.
Nous la découvrons à son réveil après mille ans, mille jours, peu importe, car ce matin-là le temps n’a plus d’importance. Sa mémoire troublée reconstitue les épisodes de sa vie et remonte à rebours son destin jusque vers l’enfance.
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Ce texte est une vrille. Une vrille est une chute incontrôlée, parfois c’est un choix. La vrille est un outil de perçage – faire un trou à l’intérieur – vriller son regard dans l’autre. Le lieutenant est habillé avec un costume de soirée dépareillé et défraichi. La veste tranche avec le reste. Il n’y a pas de confusion possible, même si le costume a l’aspect d’une fin de soirée, d’une sortie qui tourne mal, d’une beuverie confortable. C’est une défroque de la cloche. L’image demande une sensation de transparence, comme derrière une bâche plastique, qu’elle soit imaginaire ou réel outil de scénographie. On entend les bruits de la ville, les graves dominent, le roulement des camions dans la circulation, au loin, l’orage ou la guerre. Le lieutenant parle à une femme que l’on ne voit pas – une femme derrière une porte entrouverte.
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Il y a la guerre, quatre amis sont prisonniers. Par chance, ils peuvent s’emparer d’un ballon et s’échapper, mais un terrible ouragan les emporte. Voilà ces quatre amis ballotés dans les nuages, dans la tempête et dans la nuit. En dessous d’eux, l’océan s’étale à perte de vue… Ainsi commence l’aventure.
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