Auteur/autrice : Yves Robert
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Pierre Gattoni – 2020
format A0 (84.1 x 118.9 cm) papier couché 100g/m2 / tarif vente direct CHF 15.– à l’Atelier Grand Cargo
les affiches A0
- Anne Ramseyer & Catherine Meyer – 2026
- Yves Robert – 2025
- Pierre Estoppey – 2025
- Pascal Nordmann – 2022
- Grégoire Müller – 2020
- Pierre Gattoni – 2020
- Pablo Fernandez – 2019
- Pascal Bourquin – 2019
- Roberto Romano – 2019
- Rolf Blaser – 2018
- le lieutenant de guerre – 2017
- Grand Cargo – 2016
- l’étoile du nord – 2015
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Pierre Gattoni – posture
peintures, dessins et sculptures
du 27 août au 13 septembre 2020

éditorial
la posture ou la position particulière du corps
les temps chahutés
Dans les temps chahutés et présents, dans ce moment où le mensonge se ment à lui-même, le sens premier de posture se dilue. À l’évocation de ce terme, il nous remonte en bouche comme un arrière-goût « d’imposture ». Ce n’est plus l’expression et l’exposition d’une position particulière qui domine, mais nous pressentons que l’usage de la posture porte en elle avec régularité une signification insincère et hypocrite issue de la tactique.
Par exemple, les postures politiques abreuvent le monde de vérités changeantes et les changements à force d’être la règle perdent toutes particularités. Ces variances ne sont plus une évolution, mais des régressions, au mieux des redites. Les entreprises et leurs bataillons de communicants nous assènent à coup d’injonctions publicitaires une permanence d’irréalité.
Face à cet environnement, ce biotope dans lequel nous errons, nous risquons d’être en définitive dans la posture de l’homme courbé.
Échapper à cela implique la volonté du regard et l’intégrité des questionnements. Il s’agit sans fausse pudeur de faire partie intégrante de l’image du monde et de savoir dénicher ce qui vrille – ne pas avoir peur du déséquilibre, premier pas vers la conscience de l’équilibre.
On peut considérer que trouver la posture ou la position particulière de l’humain dans le monde est une des nécessités de l’art.
Le travail et le parcours de Pierre Gattoni sont établis sur des recherches multiples et variables, entre autres, les arts vivants, le déséquilibre et le questionnement, mais aussi la stabilité du cadre, la certitude et la rigueur. Un observateur inattentif ne percevrait en cela que la fragilité d’un état de paradoxal, toutefois il n’en est rien.
À regarder de plus près, la cohérence se nourrit de l’incohérence, fait sens et vie.
Une des œuvres exposées de Pierre Gattoni représente un personnage dressé sur un socle vertigineux. Il est une figure exposée au pilori du vertige. C’est un empilement de parallélépipèdes rectangles que par simplification nous nommerons – boîtes.
Ces boîtes, volumes stables par essence, construisent paradoxalement une forme qui se brise et se déséquilibre. La répartition et « l’anarchie » des couleurs sur les facettes renforcent les perspectives et nous devinons le personnage en danger, le percevons comme vivant.
Cet empilement devient soudainement une situation particulière, une forme humaine sur lesquelles nous avons loisir de nous projeter. Nous devenons alors spectateur interpelé et troublé par la proposition et nous appréhendons à nouveau le sens premier de posture – la position particulière d’un corps.
Les autres œuvres exposées sont à chaque fois une variation de positions particulières, chacune contenant un temps et une histoire. Chacune nous interpelant sur une séquence de vie spécifique et pourtant commune à la nôtre.
Un éclair de quotidien dans le quotidien, mais avec ce décalage qui force le regard.
Pierre traverse le monde, la vie et réalise un travail artistique avec ce qu’il faut de décalage pour obliger le regard des spectateurs à se porter hors des évidences.
Il occupe la position particulière de l’artiste
Yves Robert

presse
ArcInfo – 13 septembre 2020


biographie
consulter
- Pierre GattoniPierre Gattoni est né en 1958 à La Chaux-de-Fonds. D’une trajectoire éclectique, son travail artistique navigue entre les tempêtes des arts vivants tels que le théâtre et la marionnette et les rives plus solitaires et méditatives des arts graphiques.
- Pierre Gattoni
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mille nuits ♀︎
Atelier Grand Cargo
Cornes-Morel 13, 2300 La Chaux-de-Fonds
Yves Robert – texte et mise en lecture
Dominique Bourquin – lectureUne femme amoureuse promet d’attendre mille nuits la réponse de l’homme qu’elle convoite. Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré. Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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mille nuits ♂︎
Atelier Grand Cargo
Cornes-Morel 13, 2300 La Chaux-de-Fonds
Yves Robert – texte et mise en lecture
Yves Robert – lectureUn homme amoureux promet d’attendre mille nuits la réponse de la femme qu’il convoite.
Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré.
Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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la posture ou la position particulière du corps
les temps chahutés
Dans les temps chahutés et présents, dans ce moment où le mensonge se ment à lui-même, le sens premier de posture se dilue. À l’évocation de ce terme, il nous remonte en bouche comme un arrière-goût « d’imposture ». Ce n’est plus l’expression et l’exposition d’une position particulière qui domine, mais nous pressentons que l’usage de la posture porte en elle avec régularité une signification insincère et hypocrite issue de la tactique.
Par exemple, les postures politiques abreuvent le monde de vérités changeantes et les changements à force d’être la règle perdent toutes particularités. Ces variances ne sont plus une évolution, mais des régressions, au mieux des redites. Les entreprises et leurs bataillons de communicants nous assènent à coup d’injonctions publicitaires une permanence d’irréalité.
Face à cet environnement, ce biotope dans lequel nous errons, nous risquons d’être en définitive dans la posture de l’homme courbé.
Échapper à cela implique la volonté du regard et l’intégrité des questionnements. Il s’agit sans fausse pudeur de faire partie intégrante de l’image du monde et de savoir dénicher ce qui vrille – ne pas avoir peur du déséquilibre, premier pas vers la conscience de l’équilibre.
On peut considérer que trouver la posture ou la position particulière de l’humain dans le monde est une des nécessités de l’art.
Le travail et le parcours de Pierre Gattoni sont établis sur des recherches multiples et variables, entre autres, les arts vivants, le déséquilibre et le questionnement, mais aussi la stabilité du cadre, la certitude et la rigueur. Un observateur inattentif ne percevrait en cela que la fragilité d’un état de paradoxal, toutefois il n’en est rien.
À regarder de plus près, la cohérence se nourrit de l’incohérence, fait sens et vie.
Une des œuvres exposées de Pierre Gattoni représente un personnage dressé sur un socle vertigineux. Il est une figure exposée au pilori du vertige. C’est un empilement de parallélépipèdes rectangles que par simplification nous nommerons – boîtes.
Ces boîtes, volumes stables par essence, construisent paradoxalement une forme qui se brise et se déséquilibre. La répartition et « l’anarchie » des couleurs sur les facettes renforcent les perspectives et nous devinons le personnage en danger, le percevons comme vivant.
Cet empilement devient soudainement une situation particulière, une forme humaine sur lesquelles nous avons loisir de nous projeter. Nous devenons alors spectateur interpelé et troublé par la proposition et nous appréhendons à nouveau le sens premier de posture – la position particulière d’un corps.
Les autres œuvres exposées sont à chaque fois une variation de positions particulières, chacune contenant un temps et une histoire. Chacune nous interpelant sur une séquence de vie spécifique et pourtant commune à la nôtre.
Un éclair de quotidien dans le quotidien, mais avec ce décalage qui force le regard.
Pierre traverse le monde, la vie et réalise un travail artistique avec ce qu’il faut de décalage pour obliger le regard des spectateurs à se porter hors des évidences.
Il occupe la position particulière de l’artiste
Yves Robert
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mille nuits ♀︎
Atelier Grand Cargo
Cornes-Morel 13, 2300 La Chaux-de-Fonds
Yves Robert – texte et mise en lecture
Dominique Bourquin – lectureUne femme amoureuse promet d’attendre mille nuits la réponse de l’homme qu’elle convoite. Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré. Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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Milles nuits ou regarder les grenouilles nager ♀︎
© Yves Robert – consultation uniquement
droits déposés à la Société Suisse des Auteurs
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mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♂︎
théâtre monologue
–
Un homme amoureux promet d’attendre mille nuits la réponse de la femme qu’il convoite. Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré. Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
extrait
lire
Mille fois recommencée, une vie c’est mille fois recommencée. Puis un jour, pas trébuché, culbute, la grande culbute, fini, cœur en croix.
Ça nous arrive à tous, les yeux écarquillés entre les étoiles, pupilles posées sur le vide, mort, aussi sèche qu’une sauterelle. L’âme s’enfonce dans le sable, on ne sent rien.
Sénatrice ou banquière, on est bien obligé à redevenir modeste.
On retourne à la terre avec ce qui fut pris à la terre. C’est pour tous, la crainte de tous, la vie de tous. Je le sais bien, je fais partie de l’équipe.
Je tiens de ma mère et de mon père le droit de passage, le droit de voir mille horizons, de nager dans les bonheurs, de sombrer avec la tragédie.
En fait, le droit de vivre. La vie, c’est du bordel, et c’est pas mal.
description cahier et commande
format et prix
collection
le monde tel qu’il se présente
Atelier Grand Cargo
format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
(hors frais de poste)
CHF 5.– pcs.
livraison
retrait à l’Atelier Grand Cargo
envoi postal pour la Suisse (+ frais de port)
étranger sur demande (+ frais de port et de douane)
bulletin de commande
Bulletin de commande
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mille nuits ♂︎
Atelier Grand Cargo
Cornes-Morel 13, 2300 La Chaux-de-Fonds
Yves Robert – texte et mise en lecture
Yves Robert – lectureUn homme amoureux promet d’attendre mille nuits la réponse de la femme qu’il convoite.
Mille nuits à patienter sous un lampadaire la venue de l’être désiré.
Ce soir, c’est la millième nuit et l’instant de vérité approche…
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une vie de facteur
samedi 25 janvier 2020 à 19h – en résidence au Cargo – Cie Ceux qui parlent aux inconnus
une proposition de
Éric Desport & Léo Vuilled’après le livre de
Jean-Jacques KisslingUne Vie de Facteur est un spectacle tout public qui mêle texte, art du geste manipulation d’objets et de marionnettes. Il s’inspire de l’autobiographie d’un facteur genevois qui nous plonge dans un univers de lettres et de voyages. Au fil des mots et des images, on découvrira que le temps compte et que compter est devenu plus important que voyager. Un tempo vécu ici par deux comédiens qui joueront tous les protagonistes de cette histoire. Deux caractères, deux identités, mais la même vie, les mêmes rencontres.
Éric Desport, Léo Vuille adaptation, dramaturgie, mise en scène et interprétation
Simon Caillaud regard extérieur
Pierre Gattoni scénographie
Matthias Mermod création lumière
Janick Nardin costumes
Lucas Vuitel Atelier 333 photographie
François Chédel administrationpartenaires
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une vie de facteur
janvier 2020 – en résidence au Cargo
Cie Ceux qui parlent aux inconnus
une proposition de Éric Desport & Léo Vuille d’après le livre de Jean-Jacques Kissling
Une Vie de Facteur est un spectacle tout public qui mêle texte, art du geste manipulation d’objets et de marionnettes. Il s’inspire de l’autobiographie d’un facteur genevois qui nous plonge dans un univers de lettres et de voyages. Au fil des mots et des images, on découvrira que le temps compte et que compter est devenu plus important que voyager. Un tempo vécu ici par deux comédiens qui joueront tous les protagonistes de cette histoire. Deux caractères, deux identités, mais la même vie, les mêmes rencontres.

distribution
adaptation, dramaturgie, mise en scène et interprétation
Éric Desport, Léo Vuille
regard extérieur
Simon Caillaud
scénographie
Pierre Gattoni
création lumière
Matthias Mermod
costumes
Janick Nardin
photographie
Lucas Vuitel Atelier 333
administration
François Chédel
partenaire



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Pablo Fernandez – 2019
format A0 (84.1 x 118.9 cm) papier couché 100g/m2 / tarif vente direct CHF 15.– à l’Atelier Grand Cargo
les affiches A0
- Anne Ramseyer & Catherine Meyer – 2026
- Yves Robert – 2025
- Pierre Estoppey – 2025
- Pascal Nordmann – 2022
- Grégoire Müller – 2020
- Pierre Gattoni – 2020
- Pablo Fernandez – 2019
- Pascal Bourquin – 2019
- Roberto Romano – 2019
- Rolf Blaser – 2018
- le lieutenant de guerre – 2017
- Grand Cargo – 2016
- l’étoile du nord – 2015
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Pablo Fernandez – exposition 2019
one time several spaces – du 8 au 24 novembre 2019

à propos
Dix ans de collaboration
Dix ans de collaboration entre le NEC et Pablo Fernandez, c’est un peu ces liens forts que « one time several spaces » vient célébrer, en proposant à son photographe la création d’une exposition. Une exposition non pas autour de son travail de suivi de l’ensemble mais comme auteur. Une exposition sans photos de musiciens dans la saison des 25 ans du NEC, une commande comme le NEC en fait régulièrement à des compositeurs. One time several places se veut donc un objet hybride, peu conventionnel interrogeant les liens entre sonorités et images; entre différentes sensibilités formelles autour du réel. Aux murs donc, exposé, un travail photographique de style documentaire avec ses logiques et cohérences propres; que le NEC, en collaboration avec les CMC et des élèves de la HEMNE va utiliser comme matériau à des créations musicales, des improvisations… Un peu comme si les photographies, leur organisation, leur accrochage étaient une partition ouverte, à interpréter…

one time several spaces
À perte de vue…
Il y a une route, du ciment sous les plaines, de l’espace entre deux ou l’on ne fait que passer, des lignes blanches presque toujours. Parfois le fil du télégraphe relie encore les poteaux demi-renversés qui découpent le défilé de l’horizon. À l’approche des villes le vide du ciel est recouvert de tôle ondulée et les sémaphores dirigent les flux. Passent des gens accrochés pour la plupart à leur reflet sur écran indifférent. Ces endroits forment un paysage d’usage où ne brilleraient que des vitrines mondiales, monuments éclairés et quelques réverbères au loin. J’ai pris la contre-allée cherchant quelque chose du côté de l’ordinaire, presque de l’ennui. Au marges des lieux remarquables qui aspirent nos attentions, nos attentes. Ces lieux a conserver, consommables; dans les boules à neige; encore un peu avec les cartes postales et surtout dans les écrans. Nous voulons voir ce que nous sommes venus voir et en voir la conformité standard au souvenir attendu… Histoire domestiquée, consommable, sans histoire.
Dans ces capitales qui sont toutes les mêmes devenues aux facettes d’un même miroir, ou tout s’ accélère dans le même temps liquide, dans l’agitation et la frénésie continues de ces moments uniques produits à la chaine, sans plus un instant d’arrêt, de répit; “one time several spaces“, se donne comme une tentative, une recherche de ce temps suspendu, faible, comme un trou, un creux au cœur du déferlement. Mort de la chaise et selfies, mannequins dans les vitrines et défilés rituels. De la fenêtre de la voiture, les gens qui marchent le long des routes sont immobiles. Il ne se passe rien ou presque rien.
Pablo Fernandez
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le lieutenant de guerre
théâtre monologue
–
Avant sa chute, cet homme était né et vivait dans le monde de la fortune et de la gestion. Il était un lieutenant de guerre dans la finance, une forteresse tranquille et confortable loin des foules, loin de la réalité quotidienne, du métro et du salaire minimum. Il pratiquait une guerre feutrée se déroulant sur les écrans des ordinateurs avec des chiffres qui s’inscrivent et s’effacent par magie. Les carnages qui en découlent se produisent au loin et dans l’indifférence, mais parfois il suffit de regarder pour voir.
extrait
lire
Je n’aime pas votre silence. Le silence, c’est quand on hésite ou qu’on méprise. Le silence, c’est l’abîme où se noient tous les mots du monde. Le silence c’est votre porte qui se referme. Le silence, c’est la guerre et son indifférence… Je veux garder des mots dans l’entrebâillement, vous ne pourrez pas fermer. Je veux mettre des étincelles dans mes mots. Vous ne pourrez pas refermer.
J’ai grandi avec les léopards, j’ai vu passer les interminables nuages de poussière sous le sabot des gnous, le balbuzard déployer son envergure. J’ai vu le chacal et la hyène attendre, se partager les reliques d’une carcasse. J’ai vu toute la savane désemparée avant que ne commence la mousson, alors, je sais la patience qu’il faut pour attendre la pluie. Je vous supplie d’attendre la pluie avec moi. La pluie, c’est des larmes qui viennent de loin… Pour la neige, je ne sais pas. Attendrez-vous ?
Je passe ma vie à attendre la pluie… Vous avez des silences, des griffures sur le temps qui passe. Ça déchire la peau là où ça fait le plus mal. Vous avez des silences qui me regardent comme des yeux… Et je ne sais plus comment me tenir.
description cahier et commande
format et prix
collection
le monde tel qu’il se présente
Atelier Grand Cargo
format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
(hors frais de poste)
CHF 5.– pcs.
livraison
retrait à l’Atelier Grand Cargo
envoi postal pour la Suisse (+ frais de port)
étranger sur demande (+ frais de port et de douane)
bulletin de commande
Bulletin de commande
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la rivière à la mer
le 31 octobre 2019 à 19h – Théâtre du Concert – Neuchâtel
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
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la rivière à la mer
le 30 octobre 2019 à 19h – Théâtre du Concert – Neuchâtel
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
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la rivière à la mer
23 octobre 2019 – Atelier Grand Cargo (cinq représentations jusqu’au 27 octobre 2019)
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
presse
- la rivière à la merGauchebdo LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de… Read more: la rivière à la mer
répertoire
Cette lecture-spectacle est au répertoire – pour les conditions et les disponibilités – nous contacter
- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
Gauchebdo
LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de plusieurs récits, l’écrivain et metteur en scène de chaux-de-fonnier Yves Robert aime à mêler l’épique à l’intime, l’historique au métaphysique, comme dans «La Rivière à la mer».
atelier créatif pour dire deuils et naissances
Sous la direction du comédien Blaise Froidevaux, l’écrivain et homme de théâtre Yves Robert donne en lecture La Rivière à la mer en fond de cale de son Atelier Grand Cargo. Cette tanière artistique, il l’a créée au cœur de l’Esplanade, un quartier «populaire surgi dans les années 90 avec des logements sociaux». Le lieu accueille ses écritures et mises en scènes ainsi que photographes ou peintres exposés, agapes littéraires et concerts.
A la source de l’Atelier, la réflexion suivante: «Travailler un spectacle, monter une production est une chose compliquée. Chaux-de-fonds n’est pas riche en adresses de spectacles avec ses deux structures principales, L’Heure Bleue-TPR et le Théâtre ABC intensément occupées. Disposer de temps et d’espace de répétition en devient un luxe.» D’où quelque chose, à une échelle bien plus modeste, du rêve de Brecht imaginant les représentations telles des respirations publiques au cœur d’un travail continu alliant écriture, essais, tâtonnements, recherches et répétitions. Il fallait oser ce site singulier en Suisse romande cultivant la modestie spatiale avec ses 35 places. «La vitesse de croisière d’un spectacle se trouve au fil des séances et de l’apprentissage de l’écoute du public», souligne le maître des lieux. L’infrastructure culturelle est financée par des mécènes et des privés extra-cantonaux, les subventionnements locaux étant destinés, eux, à la création.
Morts
Ceux qui suivent Yves Robert savent le plaisir qu’il prend à jouer avec les limites de la narration. Sa Rivière à la mer ne déroge pas à la règle. Cet écrivain de l’errance n’hésite pas à casser la chronologie, à l’émailler de flash-back ou de sauts dans le temps manière d’évoquer, de restaurer, mais aussi de reconstruire une mémoire défaillante. La vie est là, s’offrant et se retirant, comme la mer, pénétrante, tour à tour lointaine et familière. En témoigne aussi son récit La Ligne obscure, arpentage de la notion de personnage entre animalité originelle et barbarie mythologique ainsi que réflexion sur l’art de la fiction. Et sa pièce, Lieutenant de guerre. Elle dévoile un SDF tenter un improbable dialogue avec une femme posée derrière son entrée. «Vous devrez écraser mes mots, les réduire au silence. Si vous voulez refermer cette porte», dit- il.
«À quoi bon regretter ce qui ne s’explique pas», confie l’auteur sur la mort du père. Le constat vaut pour la tante atteinte de démence sénile ou d’Alzheimer. A quel point-sommes- nous portés par l’absence d’êtres toujours en vie, mais sans plus d’accès au monde, réfugiés dans une forme de blancheur qui se confond avec l’effacement de soi. La mémoire de la tante «morte avant d’être morte» est ce «cerveau en paysage lisse. Un horizon toujours recommencé.» La maladie d’Alzheimer est un paysage blanc qui touche la personne qui ne peut s’en extraire. Elle «affecte l’individu sans qu’il puisse s’en réveiller. Il a mené à son terme la disparition de soi et n’a plus de comptes à rendre à un monde qu’il ne comprend plus ou ne veut plus comprendre», relève l’anthropologue David Le Breton.
Naissances
Le récit évoque notamment la mise en détention de Pinochet en Angleterre et la sinistre Opération Condor, cam- pagne d’assassinats et de répression touchant n’importe quel «dissident potentiel et ses proches» conduite par les services secrets chiliens, argentins, boliviens, brésiliens, paraguayens et uruguayen, de 1975 à 1983 avec le soutien des États-Unis. «Le plan Condor, des milliers de disparus. Des femmes, des hommes nus, tremblants. Balancés depuis les hélicoptères au large des mers australes. Éventrés vivants à coups de couteau. Un cadavre percé ne flotte pas», écrit Yves Robert relativement aux «vols de la mort» effectués au Chili et en Argentine. Ces faits historiques recoupent une interrogation essentielle: «Combien de naissances pour être un homme?» Ce thème des naissances multiples vient de la chanson de Dylan, Blowing in the Wind et son «how many times», comme dans «Combien de fois un homme doit-il lever les yeux/Avant de voir le ciel?» L’auteur considère ainsi que chaque événement qui nous constitue – avec sa prise de conscience sur notre état d’existence – est une naissance.
«Lui, il regarde le visage fermé de son père et s’interroge. Il ressent de l’agacement à le voir s’accrocher. Un curieux mélange. Il ne sait pas comment dire adieu. Qui peut le savoir?», entend-on dans La Rivière à la mer. L’enterrement permet alors de saisir qu’à la disparition du père, le fils peut devenir son rêve. En entretien, le dramaturge tient à préciser: «S’imaginer que notre existence n’est valable que par le rêve des trépassés est une forme d’abstraction, de réinvention de notre réalité en partant du regard prêté au mort. Mais il ne s’agit pas d’accomplir les rêves inachevés de mon père».
On suit ce travail de déduction, d’imagination qu’il faut réaliser pour que les vivants répondent aux morts, les présents aux absents: le décès du grand- père – «un vieux monsieur avec une canne, un chapeau et un sourire de fonctionnaire postal à la retraite» – en ses dimensions parfois burlesques constitue le cœur de cet ensemble, la pierre angulaire du récit. Comme souvent chez l’écrivain, le rire se dissimule dans la gravité. Ainsi la mort subite du pasteur devant prononcer l’oraison funèbre du grand-père, la veille de celle-ci. Narré avec une cinglante concision, l’épisode incongru scande la première compréhension de la mort en sa dimension tragicomique chez l’enfant de La Rivière à la mer. ■
Bertrand Tappolet
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la rivière à la mer
23 octobre 2019 – Atelier Grand Cargo (cinq représentations jusqu’au 27 octobre 2019)
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
presse
- la rivière à la merGauchebdo LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de… Read more: la rivière à la mer
répertoire
Cette lecture-spectacle est au répertoire – pour les conditions et les disponibilités – nous contacter
- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
23 octobre 2019 – Atelier Grand Cargo (cinq représentations jusqu’au 27 octobre 2019)
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
presse
- la rivière à la merGauchebdo LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de… Read more: la rivière à la mer
répertoire
Cette lecture-spectacle est au répertoire – pour les conditions et les disponibilités – nous contacter
- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
23 octobre 2019 – Atelier Grand Cargo (cinq représentations jusqu’au 27 octobre 2019)
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
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- la rivière à la merGauchebdo LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de… Read more: la rivière à la mer
répertoire
Cette lecture-spectacle est au répertoire – pour les conditions et les disponibilités – nous contacter
- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
lecture-spectacle – octobre 2019
Les circonstances de mon premier enterrement furent burlesques. Non pas réellement le mien, puisque je suis encore de ce monde, mais celui de mon grand-père, un vieux monsieur avec une canne, un chapeau et un sourire de fonctionnaire postal à la retraite. Par un curieux hasard, le pasteur désigné pour l’oraison mourut dans la nuit précédant la cérémonie. Vu son âge, l’ecclésiastique avait convenu que le croque-mort viendrait le chercher avec son automobile noire, et, vu son âge, il avait négligé de prévenir sa gouvernante à propos de la cérémonie prévue. Un oubli.

photographie © – Catherine Meyer distribution
texte et lecture
Yves Robert
mise en lecture
Blaise Froidevaux
photographie
@ Catherine Meyer
durée
60 minutes
en savoir plus…
extrait
né un jour, quelque part
Il est né un jour, quelque part de quelque chose.
Quand ce quelque chose, c’est de l’amour.
Alors c’est pas mal.
C’est la vie, le plaisir, la sueur, la folie.
En fait, ça ne commence pas le jour où on nait.
Ni dans les temps qui précèdent… je veux dire quand le corps s’effondre, cloué au lit, quand la marée se dépose.
Faire l’amour, c’est pas mal.
Alors quand ?
Pas dans les temps qui suivent, non plus.
La question c’est… combien de naissances pour être un homme ?publication
presse
Gauchebdo
- la rivière à la mer
Gauchebdo
LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de plusieurs récits, l’écrivain et metteur en scène de chaux-de-fonnier Yves Robert aime à mêler l’épique à l’intime, l’historique au métaphysique, comme dans «La Rivière à la mer».
atelier créatif pour dire deuils et naissances
Sous la direction du comédien Blaise Froidevaux, l’écrivain et homme de théâtre Yves Robert donne en lecture La Rivière à la mer en fond de cale de son Atelier Grand Cargo. Cette tanière artistique, il l’a créée au cœur de l’Esplanade, un quartier «populaire surgi dans les années 90 avec des logements sociaux». Le lieu accueille ses écritures et mises en scènes ainsi que photographes ou peintres exposés, agapes littéraires et concerts.
A la source de l’Atelier, la réflexion suivante: «Travailler un spectacle, monter une production est une chose compliquée. Chaux-de-fonds n’est pas riche en adresses de spectacles avec ses deux structures principales, L’Heure Bleue-TPR et le Théâtre ABC intensément occupées. Disposer de temps et d’espace de répétition en devient un luxe.» D’où quelque chose, à une échelle bien plus modeste, du rêve de Brecht imaginant les représentations telles des respirations publiques au cœur d’un travail continu alliant écriture, essais, tâtonnements, recherches et répétitions. Il fallait oser ce site singulier en Suisse romande cultivant la modestie spatiale avec ses 35 places. «La vitesse de croisière d’un spectacle se trouve au fil des séances et de l’apprentissage de l’écoute du public», souligne le maître des lieux. L’infrastructure culturelle est financée par des mécènes et des privés extra-cantonaux, les subventionnements locaux étant destinés, eux, à la création.
Morts
Ceux qui suivent Yves Robert savent le plaisir qu’il prend à jouer avec les limites de la narration. Sa Rivière à la mer ne déroge pas à la règle. Cet écrivain de l’errance n’hésite pas à casser la chronologie, à l’émailler de flash-back ou de sauts dans le temps manière d’évoquer, de restaurer, mais aussi de reconstruire une mémoire défaillante. La vie est là, s’offrant et se retirant, comme la mer, pénétrante, tour à tour lointaine et familière. En témoigne aussi son récit La Ligne obscure, arpentage de la notion de personnage entre animalité originelle et barbarie mythologique ainsi que réflexion sur l’art de la fiction. Et sa pièce, Lieutenant de guerre. Elle dévoile un SDF tenter un improbable dialogue avec une femme posée derrière son entrée. «Vous devrez écraser mes mots, les réduire au silence. Si vous voulez refermer cette porte», dit- il.
«À quoi bon regretter ce qui ne s’explique pas», confie l’auteur sur la mort du père. Le constat vaut pour la tante atteinte de démence sénile ou d’Alzheimer. A quel point-sommes- nous portés par l’absence d’êtres toujours en vie, mais sans plus d’accès au monde, réfugiés dans une forme de blancheur qui se confond avec l’effacement de soi. La mémoire de la tante «morte avant d’être morte» est ce «cerveau en paysage lisse. Un horizon toujours recommencé.» La maladie d’Alzheimer est un paysage blanc qui touche la personne qui ne peut s’en extraire. Elle «affecte l’individu sans qu’il puisse s’en réveiller. Il a mené à son terme la disparition de soi et n’a plus de comptes à rendre à un monde qu’il ne comprend plus ou ne veut plus comprendre», relève l’anthropologue David Le Breton.
Naissances
Le récit évoque notamment la mise en détention de Pinochet en Angleterre et la sinistre Opération Condor, cam- pagne d’assassinats et de répression touchant n’importe quel «dissident potentiel et ses proches» conduite par les services secrets chiliens, argentins, boliviens, brésiliens, paraguayens et uruguayen, de 1975 à 1983 avec le soutien des États-Unis. «Le plan Condor, des milliers de disparus. Des femmes, des hommes nus, tremblants. Balancés depuis les hélicoptères au large des mers australes. Éventrés vivants à coups de couteau. Un cadavre percé ne flotte pas», écrit Yves Robert relativement aux «vols de la mort» effectués au Chili et en Argentine. Ces faits historiques recoupent une interrogation essentielle: «Combien de naissances pour être un homme?» Ce thème des naissances multiples vient de la chanson de Dylan, Blowing in the Wind et son «how many times», comme dans «Combien de fois un homme doit-il lever les yeux/Avant de voir le ciel?» L’auteur considère ainsi que chaque événement qui nous constitue – avec sa prise de conscience sur notre état d’existence – est une naissance.
«Lui, il regarde le visage fermé de son père et s’interroge. Il ressent de l’agacement à le voir s’accrocher. Un curieux mélange. Il ne sait pas comment dire adieu. Qui peut le savoir?», entend-on dans La Rivière à la mer. L’enterrement permet alors de saisir qu’à la disparition du père, le fils peut devenir son rêve. En entretien, le dramaturge tient à préciser: «S’imaginer que notre existence n’est valable que par le rêve des trépassés est une forme d’abstraction, de réinvention de notre réalité en partant du regard prêté au mort. Mais il ne s’agit pas d’accomplir les rêves inachevés de mon père».
On suit ce travail de déduction, d’imagination qu’il faut réaliser pour que les vivants répondent aux morts, les présents aux absents: le décès du grand- père – «un vieux monsieur avec une canne, un chapeau et un sourire de fonctionnaire postal à la retraite» – en ses dimensions parfois burlesques constitue le cœur de cet ensemble, la pierre angulaire du récit. Comme souvent chez l’écrivain, le rire se dissimule dans la gravité. Ainsi la mort subite du pasteur devant prononcer l’oraison funèbre du grand-père, la veille de celle-ci. Narré avec une cinglante concision, l’épisode incongru scande la première compréhension de la mort en sa dimension tragicomique chez l’enfant de La Rivière à la mer. ■
Bertrand Tappolet
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photographies © Catherine Meyer






biographies
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- Blaise FroidevauxBlaise Froidevaux est né à La Chaux-de-Fonds en 1961 et vit à Neuchâtel depuis 1998. Il travaille comme comédien, scénographe et metteur en scène.
- Yves Roberthabite La Chaux-de-Fonds en Suisse. Il est l’auteur de vingt-cinq pièces de théâtre, ainsi que deux adaptations de romans destinées à la scène.
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- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
23 octobre 2019 – Atelier Grand Cargo (cinq représentations jusqu’au 27 octobre 2019)
distribution
texte et lecture Yves Robert
mise en lecture Blaise Froidevaux
presse
- la rivière à la merGauchebdo LECTURE • Auteur d’une vingtaine de pièces et de… Read more: la rivière à la mer
répertoire
Cette lecture-spectacle est au répertoire – pour les conditions et les disponibilités – nous contacter
- la rivière à la mer
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la rivière à la mer
théâtre monologue
–
Les circonstances de mon premier enterrement furent burlesques. Non pas réellement le mien, puisque je suis encore de ce monde, mais celui de mon grand-père, un vieux monsieur avec une canne, un chapeau et un sourire de fonctionnaire postal à la retraite. Par un curieux hasard, le pasteur désigné pour l’oraison mourut dans la nuit précédant la cérémonie. Vu son âge, l’ecclésiastique avait convenu que le croque-mort viendrait le chercher avec son automobile noire, et, vu son âge, il avait négligé de prévenir sa gouvernante à propos de la cérémonie prévue. Un oubli.
extrait
lire
Il est né un jour, quelque part de quelque chose.
Quand ce quelque chose, c’est de l’amour, alors c’est pas mal. C’est la vie, le plaisir, la sueur… la folie.
En fait, ça ne commence pas le jour où on naît, ni dans les temps qui précèdent. Je veux dire quand les corps s’effondrent cloués au lit, quand la marée se dépose, faire l’amour, c’est pas mal.
Alors quand ?
Ce n’est pas la bonne question.
La question c’est : combien de naissances pour être un homme ?
description cahier et commande
format et prix
collection
le monde tel qu’il se présente
Atelier Grand Cargo
format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
(hors frais de poste)
CHF 5.– pcs.
livraison
retrait à l’Atelier Grand Cargo
envoi postal pour la Suisse (+ frais de port)
étranger sur demande (+ frais de port et de douane)
bulletin de commande
Bulletin de commande
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Pascal Bourquin
est né en 1970 à Southampton (GB), il vit et travaille à La Chaux-de-Fonds après avoir grandi à Saignelégier. Cet artiste est diplômé de l’EAA de La Chaux-de-Fonds en 1993. Il travaille dans cette ville depuis lors. Il expose régulièrement dans la région et a notamment participé à six Biennales organisées au MBAC à La Chaux-de-Fonds, dont il est le lauréat en 1993. Ce musée lui achète un diptyque en 2007.
source : From Ne with Love / Pascal Bourquin
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liste des travaux
expositions personnelles
1992 – Ecole d’art appliqué, La Chaux-de-Fonds
1995 – MBA, La Chaux-de-Fonds
1996 – Villa turque, La Chaux-de-Fonds
2000 – Galerie Arcana, Lutry
2005 – Lycée Blaise-Cendrars, La Chaux-de-Fonds
2006 – Galerie Arcane, Corcelles
2010 – Galerie Impressions, La Chaux-de-Fonds
2015 – La Locomotive, La Chaux-de-Fonds
2017 – CCL, Saint-Imierexpositions collectives – sélection
1993 – 61e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds-Le Locle
1994 – Le Temps d’une exposition, MBA, Le Locle
1995 – Si papa voyait ça, La Chaux-de-Fonds
1995 – 62e Biennale, MBA, Le Locle
1996 – Cuerpo a Cuerpo, MBA, La Chaux-de-Fonds
1997 – Exposition d’Art sans jury -avec ANTICORPS-, Winterthur
1997 – 63e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds-Le Locle
1998 – Galerie Nelly L’Eplattenier -avec ANTICORPS-, Lausanne
1999 – Giovane Arte Svizzera, Villa Ciani, Lugano
1999 – MDF, Galerie d’Art d’En-Face, Porrentruy
1999 – 64e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds-Le Locle
2007 – 68e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds
2009 – Les travaux et les jours à l’heure de l’industrie, MBA, La Chaux-de-Fonds
2011 – 70e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds
2015 – Art Incognito, Galerie du Soleil, Saignelégier
2016 – 72e Biennale, MBA, La Chaux-de-Fonds
2017 – Lycée Blaise-Cendrars -avec Léopold & Co-, La Chaux-de-Fonds
2017 – Art Incognito, Galerie du Soleil, Saignelégier
2018 – Place à l’Art, Saint-Imierprix
1993 – Prix de la 61e Biennale
2007 – 68e Biennale, achat de l’œuvre par le MBA
2017 – Art Incognito, Prix du Publicbibliographie
1994 – Nouvelle Revue Neuchâteloise, no 43
1996 – Cuerpo a cuerpo, MBA La Chaux-de-Fonds
1999 – Giovane Arte Svizzera, catalogue
1999 – Etat d’Art no 3, SAA, La Chaux-de-Fonds
2007 – MBA La Chaux-de-Fonds, catalogue des collections
2018 – From NE with Love, Quartier Général + Éditions du Griffon, La Chaux-de-Fonds -

Pascal Bourquin – exposition 2019
peintures – du 29 août au 15 septembre 2019

répression
nature et atelier
L’exposition à l’Atelier Grand Cargo est un parcours débutant à Gênes avec la mémoire de la grande manifestation de 2001, le chemin se poursuivant par les ateliers de mécanique, les étangs jurassiens et se perdant dans les ombres de la forêt du Risoud et de la Combe Grède.


éditorial
mort du anarchiste
Lorsque j’ai visité l’atelier de Pascal Bourquin, une peinture se distinguait des autres et s’enfonçait dans le cœur comme une écharde.
On y voyait le corps étendu de Carlo Giuliani, un manifestant de 23 ans tué lors du G8 à Gênes en juillet 2001.
L’homme à terre est encerclé par une multitude de policiers en tenues antiémeutes, figures inquiétantes et dont presque aucune n’ose regarder directement vers le cadavre.
J’ai eu immédiatement une affinité pour cette peinture.
En 2001, j’avais pris quelques notes à partir des relations journalistiques traitant de cette première grande manifestation internationale contre la globalisation.
Cela avait constitué le matériel nécessaire à la conclusion d’une pièce de théâtre écrite, elle, en 2003 : La mort de Vladimir.
Je l’ai raconté à Pascal et lui m’a confié avoir été arrêté parmi les manifestants ce jour à Gênes.
Dans le centre de détention où il était retenu, il avait entendu cette phrase si éclairante de l’état d’esprit dominant les forces de l’ordre : on s’en est fait un !
Chaque année, le 20 juillet, il rejoint Gênes et rend hommage à Carlo, mort à 17h27 sur la place Gaetano Alimonda, renommée à chaque fois : Piazza Carlo Giuliani – ragazzo.
À l’évidence, cette peinture vient de loin.
De manière générale, un parcours d’artiste qui ne s’inscrit pas dans le réel d’une façon ou d’une autre court le risque de se révéler insipide.
Parfois, la beauté et la présence du monde se discernent par l’équilibre des couleurs, de la composition, et permet à nous humains, de replonger dans une nature qui fut notre premier habitat et retrouver le plaisir des beautés simples.
Telles sont ses toiles de forêts, de combes et d’étangs, une facette différente de son travail.
En regard de celle exposant le cadavre de Carlo, ce n’est pas une dissonance, mais un contrepoint.
Il y a les représentations d’ateliers, traces d’un passé industriel en disparition. L’homme est absent de l’image, pourtant la présence de son âme reste indélébile. Les fantômes des perdants de la disruption demeurent.
L’homme réel et le travail réel ont été effacés par la robotisation et un progrès autoproclamé, mais toutefois le souvenir est tenace.
Peindre, c’est résister à la vitesse et accepter la lenteur, c’est inscrire du temps sur la toile, y accrocher de la mémoire.
On le voit, la palette de l’artiste est large, l’homme est complet, sa discrétion : une sagesse.
Un pas de retrait afin de mieux cerner la complexité du monde et le donner à voir avec l’humilité du peintre.
La représentation de la mort de Carlo Giuliani ne s’est pas faite sur un coup de tête ou dans la précipitation de l’émotion, elle a pris son temps, trouvé sa maturité et s’est construite dans la difficulté avec le souvenir et la douleur.
Je ne sais pas s’il s’agit d’un exorcisme, car cette part de secret lui appartient.
Ce que je sais, c’est que l’ensemble de son travail s’établit avec une démarche intègre.
Humblement, j’espère le travail d’expérimentation mené à l’Atelier Grand Cargo être sur une ligne similaire.
Soit ne pas être innocent et ne pas s’inquiéter des tabous, montrer ce qui nous apparaît être le monde, fût-il violent, indélicat et provocant, mais toujours s’accrocher à cette alouette fuyante : la rigueur, à ce nuage inaccessible : la beauté.
Gênes, le 21 juillet 2019 – Yves Robert
biographie
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- Pascal Bourquin
est né en 1970 à Southampton (GB), il vit et travaille à La Chaux-de-Fonds après avoir grandi à Saignelégier. Cet artiste est diplômé de l’EAA de La Chaux-de-Fonds en 1993.
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Pascal Bourquin – 2019
format A0 (84.1 x 118.9 cm) papier couché 100g/m2 / tarif vente direct CHF 15.– à l’Atelier Grand Cargo
les affiches A0
- Anne Ramseyer & Catherine Meyer – 2026
- Yves Robert – 2025
- Pierre Estoppey – 2025
- Pascal Nordmann – 2022
- Grégoire Müller – 2020
- Pierre Gattoni – 2020
- Pablo Fernandez – 2019
- Pascal Bourquin – 2019
- Roberto Romano – 2019
- Rolf Blaser – 2018
- le lieutenant de guerre – 2017
- Grand Cargo – 2016
- l’étoile du nord – 2015
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Gênes, 20 juillet 2001
mort d’un anarchiste
Lorsque j’ai visité l’atelier de Pascal Bourquin, une peinture se distinguait des autres et s’enfonçait dans le cœur comme une écharde.
On y voyait le corps étendu de Carlo Giuliani, un manifestant de 23 ans tué lors du G8 à Gênes en juillet 2001.
L’homme à terre est encerclé par une multitude de policiers en tenues antiémeutes, figures inquiétantes et dont presque aucune n’ose regarder directement vers le cadavre.
J’ai eu immédiatement une affinité pour cette peinture.
En 2001, j’avais pris quelques notes à partir des relations journalistiques traitant de cette première grande manifestation internationale contre la globalisation.
Cela avait constitué le matériel nécessaire à la conclusion d’une pièce de théâtre écrite, elle, en 2003 : La mort de Vladimir.
Je l’ai raconté à Pascal et lui m’a confié avoir été arrêté parmi les manifestants ce jour à Gênes.
Dans le centre de détention où il était retenu, il avait entendu cette phrase si éclairante de l’état d’esprit dominant les forces de l’ordre : on s’en est fait un !
Chaque année, le 20 juillet, il rejoint Gênes et rend hommage à Carlo, mort à 17h27 sur la place Gaetano Alimonda, renommée à chaque fois : Piazza Carlo Giuliani – ragazzo.
À l’évidence, cette peinture vient de loin.
De manière générale, un parcours d’artiste qui ne s’inscrit pas dans le réel d’une façon ou d’une autre court le risque de se révéler insipide.
Parfois, la beauté et la présence du monde se discernent par l’équilibre des couleurs, de la composition, et permet à nous humains, de replonger dans une nature qui fut notre premier habitat et retrouver le plaisir des beautés simples.
Telles sont ses toiles de forêts, de combes et d’étangs, une facette différente de son travail.
En regard de celle exposant le cadavre de Carlo, ce n’est pas une dissonance, mais un contrepoint.
Il y a les représentations d’ateliers, traces d’un passé industriel en disparition. L’homme est absent de l’image, pourtant la présence de son âme reste indélébile. Les fantômes des perdants de la disruption demeurent.
L’homme réel et le travail réel ont été effacés par la robotisation et un progrès autoproclamé, mais toutefois le souvenir est tenace.
Peindre, c’est résister à la vitesse et accepter la lenteur, c’est inscrire du temps sur la toile, y accrocher de la mémoire.
On le voit, la palette de l’artiste est large, l’homme est complet, sa discrétion : une sagesse.
Un pas de retrait afin de mieux cerner la complexité du monde et le donner à voir avec l’humilité du peintre.
La représentation de la mort de Carlo Giuliani ne s’est pas faite sur un coup de tête ou dans la précipitation de l’émotion, elle a pris son temps, trouvé sa maturité et s’est construite dans la difficulté avec le souvenir et la douleur.
Je ne sais pas s’il s’agit d’un exorcisme, car cette part de secret lui appartient.
Ce que je sais, c’est que l’ensemble de son travail s’établit avec une démarche intègre.
Humblement, j’espère le travail d’expérimentation mené à l’Atelier Grand Cargo être sur une ligne similaire.
Soit ne pas être innocent et ne pas s’inquiéter des tabous, montrer ce qui nous apparaît être le monde, fût-il violent, indélicat et provocant, mais toujours s’accrocher à cette alouette fuyante : la rigueur, à ce nuage inaccessible : la beauté.
Gênes, le 21 juillet 2019
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Niobé, un matin
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Aurore Faivre
Après sa formation à l’école Les Teintureries à Lausanne (2011-2014) Aurore Faivre crée la Cie Balor avec Lucas Schlaepfer, plasticien. La compagnie compte trois créations à son actif : « Les Sirènes », spectacle qui à vu le jour en 2016, « Bicmaquinas », animation performance créée en 2017 et qui tourne encore actuellement ainsi que « Le Roi s’arpente la Plage des six pompes », déambulation de rue. Aurore quitte la compagnie en 2018.
Depuis sa sortie de l’école, elle a joué dans une dizaine de spectacles sur diverses scènes de la suisse romande et de la suisse allemande. Elle travaille notamment avec la Cie Pasquier / Rossier, Benjamin Knöbil, Anne Schwaller et Sandro Atillio Palese. Elle à mis en scène sa première pièce en février 2017, une commande de la Cie RRK.
Dernièrement, elle a travaillé sur différents projets dont la réalisation d’un court métrage ainsi qu’une lecture musicale autour de textes de Sénèque et d’Elfriede Jelinek avec la pianiste Coraline Cuenot.
en savoir plus…
La liste des travaux
théâtre 2018-2019
LECTURE MUSICALE, textes de Sénèque et Elfriede Jelinek, Théâtre ABC, La Chaux-de-Fonds / LE ROI SERPENT, déambulation spectaculaire / spectacle de rue, jeu et écriture de scénario, création Cie Balor, Festival « La Plage des Six-Pompes », La Chaux-de-Fonds / SOURCES, REPRISE visite théâtralisée des usines hydro-électriques de l’Areuse, commande Vitéos, mes Robert Sandoz / LES ACTEURS DE BONNE FOI, REPRISE Marivaux, Cie Pasquier-Rossier, Théâtre des Osses, Givizier rôle: Lisette
2017
LES AVENTURES DE PETCHI ET VOILA-VOILA spectacle pour enfant, mes Benjamin Knöbil, Théâtre du Pommier, Neuchâtel, rôle: Petchi / LE PASSE EST ENCORE A VENIR, Cie Poésie en arrosoir, mes Dominique Bourquin, Jardins botaniques, Cernier
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Niobé, un matin
théâtre monologue
–
C’est le récit de la vie d’une femme amoureuse, perdue et éperdue. Elle aime un homme tel qu’il est et le prend dans son intégrité de la beauté à l’obscurité. C’est aussi le trouble de l’orgueil, poison subtil qui fait perdre la raison et provoque la chute, stimule le comportement vers une folie stupéfiante. Convaincue par l’illusion d’être supérieure ou égale aux divinités, Niobé laisse ses quatorze enfants se faire massacrer.
extrait – une marée froide montée de la lune
lire
C’est le matin. Le matin de ma mort. Je vais mourir à midi à l’instant ou l’ombre sera unique, verticale.
C’est le matin où se figent le temps et le corps. L’ombre ne sera qu’Une, immobile, inflexible. Je crains d’être seule. Personne pour me tendre la main. Seule… Je n’aurai pas d’autre peur.
Il sera midi. Il y aura de la lumière, de la chaleur. Ne pas mourir le soir, ne pas se laisser aller comme la fin d’un jour. C’est au matin, au matin de ma mort. À midi, quand l’ombre ne sait plus où se tenir, je passerai.
Avant, je veux me souvenir des chemins, des erreurs. Le temps est compté. À peine une matinée pour retrouver la trace de mes pas sur le sable. Découvrir ce qui fut juste, ce qui fut faux. Mettre dans la balance les parcelles de ma vie, en dresser le cadastre précis. À midi, entrer dans l’ombre… L’ombre exacte, le milieu du jour.
description cahier et commande
format et prix
collection
le monde tel qu’il se présente
Atelier Grand Cargo
format A5
reliure centrale avec deux agrafes
papier blanc 80 à 100 gr.
prix
(hors frais de poste)
CHF 5.– pcs.
livraison
retrait à l’Atelier Grand Cargo
envoi postal pour la Suisse (+ frais de port)
étranger sur demande (+ frais de port et de douane)
bulletin de commande
Bulletin de commande
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Niobé, un matin
lecture – spectacle – 2019
C’est le récit de la vie d’une femme amoureuse, perdue et éperdue. Elle aime un homme tel qu’il est et le prend dans son intégrité de la beauté à l’obscurité. C’est aussi le trouble de l’orgueil, poison subtil qui fait perdre la raison et provoque la chute, stimule le comportement vers une folie stupéfiante. Convaincue par l’illusion d’être supérieure ou égale aux divinités, Niobé laisse ses quatorze enfants se faire massacrer.

distribution
texte et mise en lecture
Yves Robert
lecture
Aurore Faivre
photographies
© Catherine Meyer
durée
60 minutes
en savoir plus…
extrait
retrouver la trace de mes pas sur la plage
C’est au matin, au matin de ma mort.
À midi, quand l’ombre ne sait plus où se tenir, je passerai.
Avant, je veux me souvenir des chemins, des erreurs.
Le temps est compté.
À peine une matinée pour retrouver la trace de mes pas sur le sable.
Découvrir ce qui fut juste, ce qui fut faux.
Mettre dans la balance les parcelles de ma vie, en dresser le cadastre précis.
À midi, entrer dans l’ombre.
L’ombre exacte, le milieu du jour.
Je reviens sur mes pas avant que les vagues n’effacent la trace.
Je remonte à rebours le cours de ma vie.
À rebours, je longe un rivage oublié presque mystérieux.
De la nuit finissante, de l’irisation de l’aube revient un premier souvenir fugace.
Une maison en feu, les étincelles écarlates dans le ciel, mes enfants morts.
Le regard absent d’un l’homme, il me semble que je l’aime.
Je me glace, n’ose me souvenir plus avant.
Je doute, imagine plus sûr de rester à l’état où je suis.
Pierre endormie.
Mais à nouveau tout me pousse vers cet abîme.
Le temps restant est un miroir, une profondeur.
Je regarde au-delà de mon visage, au-delà de mes larmes.
Je distingue ce qui est derrière l’oubli.
publication
portfolio
photographies © Catherine Meyer











biographies
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- Aurore FaivreAprès sa formation à l’école Les Teintureries à Lausanne (2011-2014) Aurore Faivre crée la Cie Balor avec Lucas Schlaepfer, plasticien.
- Yves Roberthabite La Chaux-de-Fonds en Suisse. Il est l’auteur de vingt-cinq pièces de théâtre, ainsi que deux adaptations de romans destinées à la scène.
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- Aurore Faivre
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Niobé, un matin
C’est le récit de la vie d’une femme amoureuse, perdue et éperdue. Elle aime un homme tel qu’il est et le prend dans son intégrité de la beauté à l’obscurité. C’est aussi le trouble de l’orgueil, poison subtil qui fait perdre la raison et provoque la chute, stimule le comportement vers une folie stupéfiante. Convaincue par l’illusion d’être supérieure ou égale aux divinités, Niobé laisse ses quatorze enfants se faire massacrer. La conscience tardive de son malheur la pétrifie, elle devient rocher avec deux ruisseaux de larmes.
Nous la découvrons à son réveil après mille ans, mille jours, peu importe, car ce matin-là le temps n’a plus d’importance. Sa mémoire troublée reconstitue les épisodes de sa vie et remonte à rebours son destin jusque vers l’enfance.liste des pièces à lire
- les pièces à lire
- Danaé sur le rivage – un extrait
- où vont les paroles quand le vent les emporte ?
- hibakushas oppenheimer
- l’essoufflement de l’ange
- tenir la main tiède de la femme endormie
- le journal du silence
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♀︎
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♂︎
- Niobé, un matin
- le lieutenant de guerre
- l’île mystérieuse
- l’étoile du Nord
- dernière nouvelle de juillet
- patronne et domestique
- les Indes noires dans les mines d’asphalte
- le livre des tempêtes
- madame Bouh !
- La femme qui tenait un homme en laisse
- Thisbé et Pyrame
- la mort de Vladimir
traductions
information importante
les textes sont libres d’accès pour la lecture individuelle et privée – une demande d’autorisation est indispensable pour toute autre utilisation
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la mort de Vladimir
30 avril 2019 à 20h30 – Tastemot, Café Théâtre du Bourg
La Mort de Vladimir évoque en toute simplicité la vie d’un bébé très méconnu et tout à fait célèbre, puisqu’il s’agit de celui qui se trouvait dans la poussette du film « Le Cuirassé Potemkine » d’Eisenstein.
On le surprend alors qu’il dévale les escaliers d’Odessa sous le feu des soldats, début d’une vie faite tout entière d’aventures et de luttes qui traverse le XXe siècle.
Sans surprise, à la fin, il meurt !
distribution
texte et lecture
Yves Robert
lecture
Samuel Grilli
musique
Coraline Cuenot
la simplicité
C’est une lecture sans effet de manche. Une valise, quelques photographies et la corne d’un vieux gramophone pour écouter des musiques désuètes servent de point d’appui ou de respiration, toutefois avec les attributs d’un spectacle, soit de la lumière, une sonorisation et une scénographie.
soutiens et partenaires



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Roberto Romano – exposition 2019
necroscopia – du 14 avril au 6 avril 2019
Cette exposition nous dévoile une Italie peu connue du grand public. Celle de lieux chargés d’histoire(s) qui sont laissés à l’abandon faute de moyens. Sanatoriums, grands hôtels, monastères et autres hôpitaux psychiatriques en proie aux dégâts du temps et au vandalisme. Chacun de ces lieux, au travers de ces photographies, nous invite à imaginer son histoire et ses acteurs passés.

éditorial – le 14 mars 2019
le temps des intendants
Microscopie ou observer dans le cadavre des choses mortes.
Au-delà de la qualité esthétique des photographies de Roberto Romano, j’ai été immédiatement interpellé par la résonance fantomatique de ces lieux morts capturés en images, cadavres modernes et témoins de notre époque : le temps des intendants.
Je ne saurais pas dire quand cela a commencé, mais un jour, ils étaient là. Ils avaient des sourires affables et serraient les mains de chacun comme s’ils s’entretenaient avec un ami cher. Pratiquant le pouvoir, ils furent de moins en moins concernés par le réel et devinrent de plus en plus redevables à une aristocratie gestionnaire. Leurs idéaux se mélangèrent jusqu’à devenir identiques. La foi dans une même religion économique en a fait d’excellents intendants qui redistribuent largement le produit des terres aux possédants et contraignent les citoyens à l’usure et l’économie.
Pour les plus faibles, de ces manœuvres surgit la ruine.
Drame sans importance tant que demeure l’illusion de la croissance et la perspective de sauvegarder le confort des plus méritants. Alors sur les périphéries se dresse inexorablement un paysage de décombres. Des villes sans hôpitaux s’assèchent, des régions perdent leurs industries, les jeunes tentent leur chance ailleurs, des usines deviennent des friches, les rues se délabrent et les magasins disparaissent derrière la face agglomérée de panneaux tagués et recouverts d’affiches. Lentement, nous nous habituons à cet état qui s’installe dans le quotidien, lentement cette image s’expose jusque sur les murs des musées et sur les parois des galeries – des ateliers comme le nôtre.
Un jour, Roberto nous a présenté son travail et il est devenu évident que nous l’exposerions.
Toutefois ne présenter ces photographies uniquement sur leurs valeurs esthétiques serait à mon sens un acte vain.
Je veux croire qu’exposer ce réel de l’abandon nous permet de conserver, comme un devoir de conscience, la trace de cette humanité barrée d’un trait de plume aux actifs du bilan. Si les intendants s’évertuent à rendre les gens invisibles, cela est plus difficile avec les lieux où ces mêmes gens ont travaillé, vécu, aimé, joui ou souffert. Sur une des photographies de Roberto Romano, quatre assiettes sont restées sur une table, le reste est en ruine. Au-delà de la beauté, les décombres avec leur lumière, nous pouvons nous imaginer un repas interrompu, une discussion tue, la présence d’une famille ou d’amis, des artisans, des ouvriers. En bref un quotidien laborieux.
Qui étaient-ils ?
Nous ne le saurons jamais.
Mais nous pouvons supposer sans trop nous tromper que c’étaient des gens simples, la modestie de la table et des chaises en témoignent.
Pour ma part, je veux regarder dans la profondeur jusqu’à traverser ces splendides images et affirmer que les gens ne sont pas que des lignes comptables – ici vivaient des gens de sang, de pensées, d’os et de chair. Le travail photographique de Roberto Romano nous montre que le monde a été le monde, que du délabrement émerge toujours les lambeaux de la beauté et surnage la trace des existences.
Lorsque nous avons choisi d’exposer le travail de Roberto Romano, les autorités n’avaient pas encore décidé de supprimer l’école de notre quartier, l’un des plus précaires de la ville. C’est maintenant chose faite. Même s’il est difficile de prédire l’avenir, l’hypothèse du délabrement doit être considérée comme probable.
Dans quelques années, peut-être qu’un photographe aussi talentueux que Roberto Romano s’introduira dans les appartements vides, recherchera les meilleures lumières et nous livrera un travail qui nous rappellera qu’ici, joyeusement, des gens ont fait l’amour.
Yves Robert
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- Roberto RomanoRoberto Romano est né et a grandi dans le canton de Neuchâtel, Suisse. Photographe autodidacte depuis le début des années 1990, il se plaît à jouer avec les contraintes et les temporalités propres à la photographie argentique.
- Roberto Romano
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Blaise Froidevaux
comédien, metteur en scène et scénographe
travaux au Cargo
René Gori et l’amour derrière les clapotis
Blaise Froidevaux est né à La Chaux-de-Fonds en 1961 et vit à Neuchâtel depuis 1998. Il travaille comme comédien, scénographe et metteur en scène.
En 1991, il cofonde la compagnie Théâtre Rumeur, dont il est membre permanent de 1994 à 2006, en 2000 il est l’un des cofondateurs de la Maison du Concert, lieu de création artistique professionnelle dans le domaine des arts vivants à Neuchâtel.
En 2008 il cofonde la compagnie Théâtre à tous les étages dont il est membre jusqu’à sa dissolution en 2013.
Depuis 2014 il développe des projets personnels tout en continuant à travailler régulièrement avec différentes compagnies. Il a notamment travaillé avec: Yves Robert, Olivier Nicola, Jean-Pierre Laroche, Dominique Bourquin, Jacint Margarit, Raphaël Pattoud, Robert Sandoz, Sylvie Girardin, Samuel Grilli…
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le temps des intendants
Nécroscopie ou observer dans le cadavre des choses mortes.
Au-delà de la qualité esthétique des photographies de Roberto Romano, j’ai été immédiatement interpellé par la résonance fantomatique de ces lieux morts capturés en images, cadavres modernes et témoins de notre époque : le temps des intendants.
Je ne saurais pas dire quand cela a commencé, mais un jour, ils étaient là. Ils avaient des sourires affables et serraient les mains de chacun comme s’ils s’entretenaient avec un ami cher. Pratiquant le pouvoir, ils furent de moins en moins concernés par le réel et devinrent de plus en plus redevables à une aristocratie gestionnaire. Leurs idéaux se mélangèrent jusqu’à devenir identiques. La foi dans une même religion économique en a fait d’excellents intendants qui redistribuent largement le produit des terres aux possédants et contraignent les citoyens à l’usure et l’économie.
Pour les plus faibles, de ces manœuvres surgit la ruine.
Drame sans importance tant que demeure l’illusion de la croissance et la perspective de sauvegarder le confort des plus méritants. Alors sur les périphéries se dresse inexorablement un paysage de décombres. Des villes sans hôpitaux s’assèchent, des régions perdent leurs industries, les jeunes tentent leur chance ailleurs, des usines deviennent des friches, les rues se délabrent et les magasins disparaissent derrière la face agglomérée de panneaux tagués et recouverts d’affiches. Lentement, nous nous habituons à cet état qui s’installe dans le quotidien, lentement cette image s’expose jusque sur les murs des musées et sur les parois des galeries – des ateliers comme le nôtre.
Un jour, Roberto nous a présenté son travail et il est devenu évident que nous l’exposerions.
Toutefois ne présenter ces photographies que sur leurs valeurs esthétiques serait à mon sens un acte vain.
Je veux croire qu’exposer ce réel de l’abandon nous permet de conserver, comme un devoir de conscience, la trace de cette humanité barrée d’un trait de plume aux actifs du bilan. Si les intendants s’évertuent à rendre les gens invisibles, cela est plus difficile avec les lieux où ces mêmes gens ont travaillé, vécu, aimé, joui ou souffert. Sur une des photographies de Roberto Romano, quatre assiettes sont restées sur une table, le reste est en ruine. Au-delà de la beauté, les décombres avec leur lumière, nous pouvons nous imaginer un repas interrompu, une discussion tue, la présence d’une famille ou d’amis, des artisans, des ouvriers. En bref un quotidien laborieux.
Qui étaient-ils ?
Nous ne le saurons jamais.
Mais nous pouvons supposer sans trop nous tromper que c’étaient des gens simples, la modestie de la table et des chaises en témoignent.

Pour ma part, je veux regarder dans la profondeur jusqu’à traverser ces splendides images et affirmer que les gens ne sont pas que des lignes comptables – ici vivaient des gens de sang, de pensées, d’os et de chair. Le travail photographique de Roberto Romano nous montre que le monde a été le monde, que du délabrement émerge toujours les lambeaux de la beauté et surnage la trace des existences.
Lorsque nous avons choisi d’exposer le travail de Roberto Romano, les autorités n’avaient pas encore décidé de supprimer l’école de notre quartier, l’un des plus précaires de la ville. C’est maintenant chose faite. Même s’il est difficile de prédire l’avenir, l’hypothèse du délabrement doit être considérée comme probable.
Dans quelques années, peut-être qu’un photographe aussi talentueux que Roberto Romano s’introduira dans les appartements vides, recherchera les meilleures lumières et nous livrera un travail qui nous rappellera qu’ici, joyeusement, des gens ont fait l’amour.
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Roberto Romano
Roberto Romano est né et a grandi dans le canton de Neuchâtel, Suisse. Photographe autodidacte depuis le début des années 1990, il se plaît à jouer avec les contraintes et les temporalités propres à la photographie argentique. C’est rarement le sujet qui donne vie aux photographies de Roberto Romano. Dans certaines il en est même pratiquement absent. C’est plutôt le regard qui est porté. Comme autant de tentatives de capter l’invisible. L’inexplicable émotion face à certains paysages, la sensation d’une présence en un lieu abandonné, l’esthétique involontaire d’un élément urbain.
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Roberto Romano – 2019
format A0 (84.1 x 118.9 cm) papier couché 100g/m2 / tarif vente direct CHF 15.– à l’Atelier Grand Cargo
les affiches A0
- Anne Ramseyer & Catherine Meyer – 2026
- Yves Robert – 2025
- Pierre Estoppey – 2025
- Pascal Nordmann – 2022
- Grégoire Müller – 2020
- Pierre Gattoni – 2020
- Pablo Fernandez – 2019
- Pascal Bourquin – 2019
- Roberto Romano – 2019
- Rolf Blaser – 2018
- le lieutenant de guerre – 2017
- Grand Cargo – 2016
- l’étoile du nord – 2015
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deux frères – écritures croisées
performance – 2018
L’un présente son nouveau roman, l’autre l’ébauche d’une nouvelle pièce de théâtre. Le plaisir entre deux frères de croiser leurs regards sur leurs écritures

en savoir plus…
Trois enquêtes de M.
Claude-François Robert – roman
Je suis Spiegel. Qui est Spiegel ?
Pourquoi laisse-t-il des traces de son passage dans des endroits incongrus ?
Quelle va être la réaction de la sécurité intérieure quand ils auront entre leurs mains la dernière pièce de théâtre de Vlad ou le microfilm de l’écrivain dissident Sol ?
M., un haut responsable de la sécurité, ne lésine sur aucun moyen pour déchiffrer ces énigmes. La sûreté de l’Etat en dépend.
Texte hilarant, quel est donc ce léger sentiment de malaise qui se faufile dans l’esprit du lecteur ? Car M. nous fait revivre de grands moments de l’histoire. On rit et on se rassure : c’est du passé, quoique…
Un agent très spécial, des femmes prêtes à tout, des psychiatres dévoyés, des trafics à la frontière, des enjeux de pouvoir au plus haut niveau de l’Etat.
Plongez dans les archives du régime et ses secrets avec M.
La rivière à la mer
Yves Robert – ébauche d’un seul en scène
Dans un spectacle précédent, Le lieutenant de guerre, une réplique traduisait mon “état d’esprit” sur le monde.
Je suis la révolte et la colère, ce n’est pas un sentiment, c’est un état.
La question qui se pose à ce jour est de savoir comment j’ai transmuté d’une émotion éphémère et incontrôlée vers un état stable et réfléchi.
Que représente une colère hors de l’émotion ?
Et quelle est son origine ?
Voilà deux des questions, entre d’autres, qui habitent la première version de ce monologue.La rivière à la mer, parce que c’est le voyage d’un torrent impétueux issu de la montagne, passant par les méandres assagis au cœur des plaines jusqu’à la force apaisée d’un fleuve se joignant à l’océan, masse profonde et placide en apparence.
La colère est un péché capital, mais ne serait-ce pas plutôt l’expression de la lucidité ?
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cahiers
publication théâtre depuis 2004
- La Chambre
- Danaé sur le rivage
- René Gori et l’amour derrière les clapotis
- où vont les paroles quand le vent les emporte
- Hibakushas – Oppenheimer
- l’essoufflement de l’ange
- le journal du silence
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♀︎
- mille nuits ou regarder les grenouilles nager ♂︎
- le lieutenant de guerre
- la rivière à la mer
- Niobé, un matin
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- l’étoile du nord
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- patronne et domestique
- les Indes noires
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- madame Bouh !
- la femme qui tenait un homme en laisse
- Thisbé et Pyrame
- la mort de Vladimir
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le lieutenant de guerre
18 novembre 2018 à 11h – Atelier Grand Cargo (dix représentations jusqu’au 18 novembre)
distribution
écrit et mis en scène par Yves Robert
interprété par Blaise Froidevaux












































